La vieille malle du grenier - Comment j'ai changé de vie

La vieille malle du grenier

Aujourd’hui j’ai eu envie de me rendre au grenier. Vous savez le grenier de la maison en pierres… (Voir l’article « La Corse, ma madeleine de Proust à l’état brut).

J’aime monter au grenier parce qu’il y a là le souvenir du passage de plusieurs générations. Il y a des bribes de vie. Des objets qui évoquent une époque passée. Des bibelots en vrac. Un PATCHWORK de choses qui ne vont pas vraiment les unes avec les autres d’ailleurs. Mais chaque objet nous renvoie à un moment, nous arrache un sourire ou bien une larme. Et c’est cela que je trouve vraiment chouette.

Alors, comme à mon habitude, je monte l’échelle qui conduit au grenier et je m’assois par terre, en tailleur. Et puis j’ouvre la malle. Une malle en métal. La malle aux trésors comme j’aimais l’appeler enfant. Dans cette malle cela sent la poussière et le renfermé. Très fort. Les yeux piquent un peu, on éternue une fois ou deux. Il y a les traces de mes doigts sur le dessus de la malle tant la poussière est présente.

Dans cette malle il y a les cahiers d’école de mon père, le primaire, le collège. C’est là que je réalise combien mon père était un élève studieux. Tous ses cahiers sont parfaitement tenus, son écriture est ronde et appliquée, ses cartes coloriées avec soin. Il y a ses livres aussi. Mathématiques, histoire géo, français. Cela fait BIZARRE de retomber là-dessus. J’ai l’impression que tout cela a pris un énorme coup de vieux. Et puis il y a les intemporels. Balzac. Hugo. Beaudelaire. Il y a aussi des PHOTOS de mon père. Première communion, compétition de voile. Cela me fait bizarre. J’ai du mal à l’imaginer enfant tant il est aujourd’hui bâti comme un roc. J’ai aussi du mal à réaliser que ces clichés ont plus de 40 ans maintenant. Et que oui, le temps file. Dans la vieille malle du grenier il y a aussi une mèche de cheveux de mon papa – ma grand-mère et sa manie de tout garder. Oui vous avez bien lu. Une mèche de cheveux vieille de 50 ans. Et pourtant la texture n’a pas bougé. Des petites bouclettes châtain clair. Encore difficilement imaginable pour moi qui n’ai connu mon père qu’avec les cheveux très courts et très noirs. La douceur de la mèche de cheveux dans ma main m’émeut. D’un coup je comprends mieux ma grand-mère, et sa manie de tout garder. Il y a même mes baudits de bébé. Souvenirs de mes premières années passées ici, dans  cette maison en pierre.

Et puis, il y a aussi des jeux et des maquettes par dizaines. Incroyable la minutie et la patience dont il a fait preuve. Moi qui suis une hyperactive chronique j’admire car j’aurais été incapable d’en faire autant.

Dans la veille malle du grenier il y a aussi des souvenirs de ma maman. Ses partitions. Par dizaines voire centaines. (Ma maman était joueuse et professeure de clarinette). Ses cahiers pédagogiques, les relevés des notes de ses élèves ainsi que les appréciations. C’est à ce moment-là que je découvre son écriture. Et je suis entre sourires et larmes. Il y a aussi les faire part de leur MARIAGE, le livret de chants de l’église. Je décide de le récupérer pour m’en inspirer. Ce sera ma façon à moi de lui rendre hommage, ma façon à moi pour qu’elle soit un peu parmi nous. Il y a aussi des bijoux fantaisie et puis sa collection de timbres. J’adore les timbres, il y en a de splendides. J’aimerais continuer à faire vivre cette collection, même si, à l’heure actuelle, les lettres ne sont plus franchement en vogue.  Un sms ou un mail c’est tellement plus simple. Plus simple mais tellement moins joli. Alors je me décide à acheter des cartes postales, et à faire perdurer la tradition.

Il y a aussi des livres, beaucoup. Des mouchoirs en tissu et de vieilles montres de mon grand-père. Des tubes de peinture et des peluches aussi. Et puis des cartons entiers de photos. Des photos tellement anciennes pour la plupart que je ne connais pas les protagonistes. C’est là que je réalise que cette maison a vu passer une multitude de personnes avant moi. Plusieurs générations de sourires, de cris de joie et de larmes. D’engueulades aussi. Les corses sont parfois sanguins. Et puis il y a un vieux carnet de recettes de ma grand-mère. Un vieux carnet qui perd ses pages et dont certaines passages sont à peine lisibles. Un carnet rempli d’idées et de recettes de la cuisine traditionnelle corse.

Affaire à suivre….

 

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