Accepter. - Comment j'ai changé de vie

Accepter.

 » Il faut que vous acceptiez d’être fatiguée, que vous acceptiez d’aller moins bien, d’avoir besoin de repos, comme tout le monde quoi ».

Cette phrase de mon médecin il y a quelques jours m’a fait comme un électrochoc. Et si c’était vrai ? Si le fait d’accepter d’être FAILLIBLE était déjà un grand pas en avant ? Si l’acceptation de nos limites nous aidait justement à aller mieux ! 

Mais je me rends compte que cette démarche n’est pas forcément chose aisée pour beaucoup d’entre nous. Pourquoi ça ? Parce que on nous apprend tout jeune qu’il faut ETRE FORT, qu’il faut ravaler ses larmes, que pleurer c’est une preuve de faiblesse, même, parfois.

Et puis la vie fait son oeuvre aussi. On apprend peu à peu à se BLINDER. Parce que la vie c’est un peu une jungle, qu’il faut être le meilleur, que l’on ne peut compter que sur soi-même, bref qu’il faut être FORT.

« Qu’il faut être fort ». 

Aujourd’hui ces mots me donnent littéralement la nausée.

Je les ai entendus pour la première fois à 13 ans quand mon père a été très malade. Je pleurais et le pompier qui est venu le chercher m’a mis une main sur l’épaule et a prononcé ces mots : « il faut que tu sois forte« . Et à ce moment là croyez moi, j’avais besoin de tout sauf d’entendre cela. Parce que non à 13 ans alors que mon père était entre la vie et la mort, non je n’avais pas envie d’être forte. Je ne pouvais pas. C’était une épreuve bien trop grande pour moi.

Depuis j’ai entendu ces mots des dizaines de fois dans diverses situations, plus ou moins dramatiques.

Et encore aujourd’hui « il faut que tu tiennes le coup, il faut que tu sois forte ». 

Alors oui forte je le suis 95% du temps mais aujourd’hui je n’ai juste pas envie d’être forte. Je n’y arrive pas, c’est aussi simple que cela. Aujourd’hui j’ai juste envie de pleurer et que l’on me laisse tranquille. Et surtout surtout que l’on m’épargne les commentaires et les jugements.

Laissez moi juste CHIALER tranquille. BORDEL.

Alors oui, « Aller moins bien » c’est difficile à accepter. Notamment lorsque l’on est parent par exemple ou que l’on a un poste à responsabilités. On se dit que l’on n’a pas le droit, pas le droit de flancher, pas le droit de s’écouter, pas le droit d’aller moins bien.

Ah bon ?

Et si avant d’être une femme (ou un mari), d’être un manager, d’être parent, on était un être humain. Un être humain avec ses FORCES et ses faiblesses, son histoire, ses doutes aussi.

Je suis de ces personnes qui pensent que la sensibilité de chacun c’est ce qui fait son unicité, que c’est ce qui est riche.

Alors, on se dit que les coups de moins bien c’est normal. Que l’on n’est pas nul, pas non plus un bon à rien. Que l’on est tout simplement un être humain.

Et bizarrement le fait d’accepter cela ça fait du bien. Accepter d’aller mal pour aller mieux c’est bizarre comme concept hein ? Et bizarrement je crois que ça marche. Ne pas culpabiliser ou se rabaisser en cas de coup de mou. Ne pas se dire que l’on est nul ou que l’on est un bon à rien. Ne pas tout remettre en question en cas de coup de blues.

Se dire que l’on est un être humain comme tous les autres finalement. (et ceux qui diront qu’ils n’ont jamais connu de coup de mou sont des menteurs, je vous rassure !)

Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait du bien. 

 

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