Distribuer des sourires - Comment j'ai changé de vie

Distribuer des sourires

[ Il faut que je vous raconte ]

Aujourd’hui j’ai reçu un appel d’un ancien camarade de promo en école de commerce, avec qui je n’avais pas eu de contact depuis maintenant 3 ans et la fin de cette dite école. De puis, je l’avais suivi de loin [ vous savez, Facebook, toussa toussa ] et j’avais appris qu’il travaillait depuis quelques mois dans un des plus grands cabinets d’audit au monde [ Vous allez très vite comprendre pourquoi je vous précise ça ].

Alors, je décroche, on discute de tout, et de rien, de l’école, du temps des apéros mojito sur la plage { insouciance }, des partiels, de nos anciens camarades de promotion, on refait le monde. Et puis de son parcours depuis 3 ans, de son poste, de son quotidien, de son salaire. Il a suivi la « voie reine », le type de poste dont rêvent tous les étudiants en finance. Beaucoup d’appelés, peu d’élus.

Et arrive la fameuse question (que je redoutais depuis le début et qui me nouait le ventre)

 » et toi  » ?

Pendant une demi seconde il m’a traversé l’esprit de baragouiner une théorie fumeuse, une réponse vague, une explication bancale pour justifier que je n’avais pas vraiment suivi la voie toute tracée d’un (ancien) étudiant en école de commerce.

Et puis, sans que je ne comprenne vraiment pourquoi je lui ai tout expliqué. Les mois à traîner les pieds pour aller au travail, la pression insoutenable, les larmes chaque soir en rentrant chez moi parce que je faisais quelque chose qui ne me correspondait pas.

Et puis le « reset », la reprise à zéro, les formations, les heures passées à potasser, les yeux qui piquent devant l’ordinateur et les nuits courtes.

Et mon quotidien aujourd’hui fait d’échanges, de partages.

Sans lui laisser en placer une, je lui ai parlé de mon approche de l’alimentation, de mon combat de tous les jours avec les personnes que j’accompagne pour sortir des troubles du comportement alimentaire, de mon quotidien dans la rue pour aider les personnes sans domicile fixe, des échanges sur les réseaux sociaux, de ma passion pour l’écriture, de la parution de mon premier roman, des petits mots laissés ça et là sur le blog, des nuits entières passées dans ma cuisine à rater des brioches pour trouver la recette parfaite, des heures à me questionner sur l’orientation que je veux donner à tout cela, je lui ai parlé de mes peurs, de mes doutes, de mes remises en questions

Et puis je me suis tue. Et un silence s’est installé. Quelques secondes qui m’ont parue une éternité. Et pendant ces quelques secondes j’ai réalisé que finalement c’était pour cela que je n’avais pas repris contact avec lui depuis ces longs mois. Parce que j’avais cet espèce de complexe d’infériorité.

Parce que je n’aurai pas comme lui une carrière bien tracée, parce que je ne gagnerai probablement jamais le tiers de son salaire, parce que je ne serai jamais sure de ce qui rentrera sur mon compte à la fin du mois, parce que contrairement à lui je vais probablement galérer pour obtenir un prêt immobilier, parce que je ne fais pas partie de ces personnes qui ont un travail « bien comme il faut »,  finalement.

Ce travail que mes parents rêvaient de me voir trouver, cette boite dans laquelle ils espéraient me voir rentrer. J’avais pourtant le CV qui rentrait dans la bonne case, mais la vie en a décidé autrement, j’en ai décidé autrement.

Et là il prononce ces mots  » ton métier en fait, c’est de distribuer des sourires et c’est toi qui est dans le vrai ». Ces mots m’ont coupé dans ma réflexion et m’ont arraché un sourire, justement.

Je n’avais jamais vu les choses comme ça. La chose qui me guide au quotidien c’est de faire les choses avec le cœur et c’est à peu près tout. Mais l’expression est jolie. Et m’a touchée, surtout venant de sa part.

Je ne sais pas si je suis « dans le vrai ». Par contre je sais que je suis dans ma vérité. Nous avons tous la nôtre, nous avons tous notre place, là, quelque part. Personnellement j’ai lutté longtemps pour essayer de rentrer dans une case qui n’était pas la mienne. Je le savais depuis des années. Mais je ne trouvais pas mal place. Aujourd’hui j’y suis, et j’y suis bien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, encore moins si mon compte en banque sera approvisionné à la fin du mois ou si j’obtiendrai facilement un prêt. Mais je sais que chaque matin, je me lève avec le sourire.

Alors j’ai raccroché, le cœur léger. J’ai fait mes programmes de coaching, rédigé des articles { écrire, encore et encore } et puis préparé de la pâte à crêpes pour le goûter d’une dizaine d’enfants sans domicile fixe de notre voisinage, avec qui j’ai créé des liens forts. Parce que c’est la chandeleur et que tout le monde a le droit d’accrocher un sourire à ses lèvres, aujourd’hui et les jours qui suivent.

Et moi j’ai souri, souri de recevoir un message me disant simplement « MERCI » pour le coaching passé, souri de lire et de répondre à vos commentaires ici et sur les réseaux, souri de recevoir un message de mon mari pour m’annoncer qu’il avait négocié (enfin) 1/2 journée de repos avec l’hôpital et que l’on pourrait s’octroyer une soirée au cinéma (un luxe !), souri de voir les enfants sourire, la bouche pleine de pâte à tartiner pas light.

J’ai souri à ma vie, un peu atypique, un peu bancale, mais qui me correspond, finalement.

Et je voulais juste vous dire MERCI. Merci à vous, qui passez par là, merci pour vos mots, merci pour votre bienveillance, merci de me suivre parfois dans mes projets un peu fous, merci de me faire confiance, merci d’être qui vous êtes, tous, chacun.

Ensemble, distribuons des sourires !

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