Le talent sans travail n’est qu’une sale manie [Georges Brassens] - Comment j'ai changé de vie

Le talent sans travail n’est qu’une sale manie [Georges Brassens]

Manière de dire que l’on n’a rien sans rien.

A l’école j’étais la bonne élève, pas forcément particulièrement douée mais travailleuse acharnée. Du genre à relire 58 fois ma poésie pour être sure de la connaitre par cœur ou de refaire 4 fois le même exercice pour bien le comprendre.

Ce perfectionnisme m’a suivie pendant toutes mes études. Je voulais faire les choses bien. Et aujourd’hui encore cela est toujours le cas, et ce même si je dois faire des journées de travail de 14 heures pour tout caser dans mon emploi du temps. J’ai une qualité : le travail ne me fait pas peur. Je ne rechigne pas à la tâche.

Je pense que c’est le sport qui m’a appris cette abnégation. Refaire une fois, dix fois, cent fois, des milliers de fois le même geste afin de le maîtriser parfaitement. Jusqu’à en avoir des crampes et les larmes qui coulent sur les joues.

Je suis des personnes qui pensent que le talent est une bonne chose, d’ailleurs j’envie les gens qui ont du talent parce que moi-même je n’ai pas l’impression d’être particulièrement douée en quoique ce soit. J’ai un sens de l’orientation catastrophique, j’ai deux mains gauches et je serais incapable de dessiner un bonhomme mieux qu’un enfant de 2 ans, je n’ai pas le rythme dans la peau et encore moins une intelligence supérieure. Bref, je pense être quelqu’un de très banal. Cependant, mes amis envient souvent ma capacité de travail. Je ne sais pas si cela est enviable mais il est vrai que je suis une bosseuse acharnée.

Mais aujourd’hui, je suis proche de la philosophie de Confucius.

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

Alors que jusqu’à présent j’avais travaillé pour avoir de bons résultats, pour rendre fiers papa et maman, pour être fière de moi (aussi). J’ai travaillé, beaucoup, sans vraiment savoir où j’allais mais parce que j’avais l’impression qu’il fallait travailler, qu’il fallait ramer pour réussir, qu’il fallait travailler pour y arriver.

Aujourd’hui, je « travaille » (le verbe travailler est ici entre parenthèse parce que justement, je n’ai pas vraiment l’impression de travailler). Beaucoup. Souvent 7 jours / 7 et plus de 12 h par jour. Mais la différence c’est que je n’ai pas l’impression de travailler. Dans le sens ou aujourd’hui ce n’est plus une contrainte. Ce n’est plus un fardeaux. Et croyez-moi, je revis ! Je me réveille le matin, le sourire aux lèvres et l’envie de donner le meilleur de moi-même dans tout ce que j’entreprends. J’ai l’impression de m’épanouir pleinement dans cette nouvelle vie et cette nouvelle activité. Alors oui je cours sans arrêt, oui c’est exigeant, épuisant même parfois. Et puis énervant parce que je ne vais jamais assez vite à mon goût, je ne fais jamais assez bien (le fameux perfectionnisme …) mais à la fois je me sens bien, je me sens heureuse et vivante et cela je ne l’échangerais pour rien au monde.

 

Quelques petites citations pour la route …

 

« C’est par le travail que l’homme se transforme. » Louis Aragon. [C’est marrant parce que j’ai l’impression que c’est réellement vrai. J’ai l’impression de progresser chaque jour et à tous les niveaux, d’en apprendre plus sur moi, de devenir la personne que j’ai envie d’être.]

« Être artiste, c’est une affaire de vocation et de discipline, une discipline de fer. Être artiste, c’est du travail, du travail, du travail et encore du travail. » Jean Louis Murat. [Oui parce qu’on a souvent l’impression que les métiers artistiques ne relèvent que du talent … Evidemment c’est faux. Un grand livre ne s’écrit pas du premier coup, il nécessite des centaines de reformulations et de relectures. Idem pour un grand musicien qui pratique des heures entières chaque jour. Et pour un grand film qui nécessite des milliers de prises].

« Je ne crois pas au génie, seulement au dur travail »Michel Petrucciani

« On ne peut rien obtenir de bien sans travail » Philippe Dijan. [Pas faux. Ceci dit j’aime aussi ne rien faire – même si je dois avouer avoir un peu de mal à lâcher prise. Ne rien faire, savoir se recentrer sur soi, écouter ses besoins et envies, c’est aussi la clef, je crois].

« Les plus grands dons jamais ne compensent un travail insuffisant »Isabelle Hausser [Alors certes, il y a des gens qui ont des dons, d’autres même qui sont doués ET qui ont de la chance. Mais pour moi, à moyen ou long terme, rien ne remplace la volonté et le travail pour y arriver].

« L’ouvrage a toujours l’air facile, Quand le travail est un plaisir » Cardinal de Bernis. [C’est vrai. De l’extérieur on a toujours l’impression que c’est simple lorsque la personne fait ce qu’elle fait par plaisir / vocation. C’est d’ailleurs ce que je m’efforce à faire tous les jours. Faire ce que j’aime, y trouver d’y plaisir.]

 

Tout ça pour dire … On n’a rien sans rien.

Il est rare que nous n’ayons qu’à patienter pour que les choses arrivent.

Alors parfois il y a le facteur « don », parfois le facteur « chance » (parfois les deux facteurs se cumulent !) mais croyez-moi le facteur « travail » est celui qui a le plus de chances de réussite.

 

Peu importe si vous avez l’impression de stagner – de reculer. Peu importe si vous pensez que vous n’y arriverez pas. Peu importe quels sont vos envies et vos objectifs. Accrochez-vous – Battez-vous et cela finira par payer. Forcément.

 

Pour moi le talent sans travail c’est un peu comme une terre fertile sur laquelle on ne sèmerait rien. Du gâchis.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *