Comment j'ai changé de vie

Lettre à mon corps

Si vous me suivez depuis un moment vous savez que mon rapport avec mon corps a été compliqué pendant de nombreuses années. 

Depuis toujours en fait. Aussi loin que je me souvienne j’avais déjà honte de ma cellulite et des mes poignées d’amour alors que j’étais assise en tailleur dans la cour de l’école en primaire. Et bien sur cela ne s’est pas arrangé. Pendant très longtemps je me suis empêchée de m’habiller de façon féminine parce que je ne rentrais pas dans un 38 (autant acheter un pantalon de jogging au rayon homme, du coup), j’ai trouvé des excuses pour ne pas aller à la piscine avec le lycée (et après, bien sûr : si, comme moi, vous en cherchez une, les verrues plantaires, c’est plus original que les maux de ventre, et ça marche pas mal !), j’ai pleuré pendant des heures (des jours si on cumule 20 années de pleurs) devant mon miroir le matin (ou dans des cabines d’essayages), je me suis traitée de tous les noms [  » grosse vache « , « gros tas  » et  » tas de gras  » étant le sympathique trio de tête ], je me suis mise au régime, je me suis affamée, j’ai perdu beaucoup de poids, j’ai tout repris (en double), ça au moins 4 ou 5 fois .Et puis j’ai menti sur mon poids, je suis tombée dans l’hyperphagie, j’ai passé des heures entières à manger des biscuits trempés dans du Nutella et puis des paquets de chips et du saucisson. J’ai culpabilisé, je me suis dévalorisée, je me suis détestée.

Bref, vous voyez, tien de simple dans tout ça.

Et puis j’ai décidé d’arrêter la lutte, de me foutre la paix, d’apprendre à m’aimer, et, par là, à aimer ce corps dans lequel je vivais depuis 25 années mais que je n’avais jamais pris le temps de connaitre. Non. J’avais passé 10 ans à faire des régimes, à essayer de le maîtriser à tout prix, et puis cela a été l’échec. Il y a 3 ans j’ai donc changé mon fusil d’épaule, et puis j’ai appris à aimer mon corps, à le regarder différemment, à le chérir. Cela a été le début de ma démarche de rééquilibrage alimentaire. Manger mieux et non moins, faire du sport parce que j’aimais ça plutôt que parce que cela faisait bien. Ecouter ma faim, respecter mon corps plutôt que de respecter des diktats de calories, de pesées, de portions théoriques. Pour moi cela passe par là. Notre corps nous parle, il nous exprime des choses, il nous dit ce dont il a besoin, faisons lui confiance.

Aujourd’hui je suis sereine par rapport à tout ça, sereine et aimante. Je suis en bonne santé, épanouie et profondément heureuse. Cela me suffit. Je n’ai pas le corps parfait, les abdominaux dessinés, les fesses bombées ou encore les jambes fuselées. Mais ce n’est pas grave.

Alors aujourd’hui je voulais simplement dire à mon corps combien je l’aime. Parce qu’il supporte chaque jour mon hyper activité chronique, parce qu’il est en bonne santé, parce qu’il est mon allié au quotidien pour faire face, parce qu’il porte un enfant, la plus belle des merveilles et le plus merveilleux des cadeaux. Et c’est ça le plus important.

Alors, soyez tolérant avec vous même, acceptez l’imperfection dans un monde où les magazines et les réseaux sociaux nous donnent un modèle Photoshopé de la réalité, foutez vous la paix, apprenez à faire confiance à ce corps qui vous parle, il est notre ami, notre meilleur allié aimez le, aimez vous.

En ce moment on m’écrit beaucoup pour me demander ce que je pense de l’après. L’après grossesse, l’après accouchement. Très sincèrement, je n’y pense pas. L’après, on verra après. Mon corps sera différent, plus flasque, mon métabolisme probablement différent, il sera peut être marqué par des vergetures. Mais je suis sereine par rapport à tout ça parce qu’il m’aura donné le plus merveilleux des cadeaux, celui d’avoir eu cette chance de porter la vie. Bien sur je reprendrai le sport, lorsque le temps sera venu, mais je le ferai encore et toujours par passion. Bien sur que je mangerai sainement, mais avant tout par plaisir et pour des objectifs de santé. Pour l’instant je vis l’instant, ces vagues perpétuelles, ce petit ouragan qui ne me laisse que peu de répit mais que j’aime déjà au delà de tout.

Un petit conseil : écrivez à votre corps, dites lui que vous l’aimez pour ce qu’il est. Regardez vous, trouvez vous beau / belle. Vous verrez, cela soulage, et ça fait immensément du bien.

15 commentaires sur "Lettre à mon corps"

  1. Sandra dit :

    Bonsoir France ,

    Je suis toujours très touchée par cette histoire, la tienne, que tu as choisi de nous livrer avec beaucoup d authenticité. Je me retrouve beaucoup dans le rapport que tu avais à la nourriture. Quand tu parles de biscuits trempés dans le Nutella avec un relais sur les chips etc…c est tellement ça! Aujourd hui j en suis « sortie » mais je sens que la compulsion me guette encore, particulièrement dans les périodes de stress. Quand je te lis j ai envie de te dire combien je salue ton parcours et ta manière aujourd hui de transmettre cette compétence, de montrer à chaque femme qu elle aussi en est potentiellement capable.
    Quel joli partage! Belle soirée. Bises

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup sandra, je crois que c’est vraiment un long chemin poirnse sortir vraiment de tout ca. Pendant très longtemps ce n’est jamais très loin et puis en travaillant sur soi cela disparaît. C’est long Mais cela en vaut la peine :). Douce journée, et Merci 🙂

  2. Nathanaelle dit :

    Tu n’as pas de raison non plus de trop t’inquiéter car tu as « à peine » pris du poids depuis le début de ta grossesse et tu as toujours pu faire du sport. Certaines femmes sont alitées très tôt et peuvent s’inquiéter de l’après ….en tout cas, il s’agit de « vie » ici et non d’esthétique. Remercier son Corps de nous permettre de donner la vie. C’est ça que l’on devrait faire en tant que femme. Et en tant qu’être vivant, le remercier pour tout ce qu’il nous permet de faire au quotidien.

    1. France Tronel dit :

      Je pense que ça n’a rien à voir. Certaines femmes font du 34/36 et se sentent mal dans leur peau. D’autres font du 46 et sont très heureuses comme cela. La perception que l’on n’a de notre corps n’a absolument rien à voir avec ce qu’il est réellement.

  3. Amandine Maige dit :

    Très bel article, tellement touchant ❤

  4. Marylise dit :

    Je suis toujours émue et touchée au plus profond de mon être à chaque fois que je te lis…
    Je me vois comme dans un miroir ! Tu as un tel recul, une telle douceur envers toi-même, envers ce corps que tu as tant détesté. J’espère sincèrement arriver un jour à faire la paix avec le mien et commencer enfin à vivre (si j’ai encore du temps…) en tout cas, je dévore tous tes post (en plus de tes recettes lol) et tu es un véritable rayon de soleil, tu m’aide énormément à prendre du recul et à voir la vie différemment ❤
    Merci, merci infiniment pour tout ce que tu m’apportes. Je te souhaite un bonheur incommensurable avec tes amours ❤ Bonne soirée, gros bisous

  5. Laura dit :

    Bonsoir France .
    Cela fait plusieurs mois que je te suis . D’abord pour tes recettes ayant été diagnostiqué allergique au gluten. Ce qui apparement serait remis en question par des nouveaux examens qui déceles une candidose chroniques lié à la fermentation des farines en générales .
    Parfois je me demande même si mon allergie et maintenant cette éventuelle maladie , je ne me la suis pas provoquée toute seule à cause du rapport que j’ai à la nourriture , à mon corps ….
    Je suis à une période de ma vie ou mon rapport à celui ci n’a jamais été aussi compliqué …
    Jeune maman ( petite fille de 9 mois ) et bientôt futur mariée ( le 20 mai ) cela fait beaucoup à gérer . L’envie de me trouver belle ou plutôt de ne pas me trouver moche le jour -J m’obsède …
    Tes derniers articles résonnent beaucoup en mois et me donne de l’espoir . Mais , paradoxalement , me rappelle que MOI je n’arrive à rien ! Je t’écris bizarrement , avec l’idée secrète , que derrière ces mots , il y a de la lumière au bout du chemin . En désespoir de cause j’essaie de trouver du réconfort ou je peux. Je suis partagé entre le pathétisme de mon discours et de mon acte , et l’espoir que ces mots résonnent tellement fort!… Qu’ils seraient porteurs de changement .
    Je profite de ce message pour te souhaiter une belle fin de grossesse et de merveilleux moment à toi et ton mari le jour de votre rencontre avec votre petite fille. C’est le plus beau cadeau d’une vie . Un moment suspendu dans le temps qui n’a aucune pareille .

  6. florence dit :

    comme je me reconnais dans ton article !!!!! depuis l’adolescence, j’ai toujours été en surpoids…. j’ai voulu faire une formation pour être prof de sport mais la famille me disait que j’étais beaucoup trop grosse pour réussir ….. j’ai été battue pendant 15 ans par mon beau père, du coup je me suis réfugiée dans la nourriture a outrance, ce qui n’a pas arranger mes problèmes de poids ……
    les grossesses, le tabac, les régimes, je n’ai pas arrêter de jouer au yoyo et mon corps n’a pas apprécier !!!!
    maintenant que je vais mieux dans ma vie et dans ma tête, je prends soin de mon corps, je fais beaucoup de sport pour mon bien être psychologique et pour sculpter ce corps que j’aime de plus en plus chaque jour. aujourd’hui je n’ai plus peur de me regarder dans la glace et j’avoue que j’amie plutôt ça !!!
    oui je m’aime et merci a mon corps de prendre aussi soin de moi
    merci France pour tous tes articles qui m’aide au quotidien et me font bien réfléchir sur mon parcours et toutes les remises en cause que j’ai effectuer
    la route est encore longue mais le plus gros du travail est déjà bien avancé
    😉

  7. Laetitia dit :

    Merci pour ce bel article…

  8. Sarah dit :

    J’espère un jour pouvoir dire la même chose que toi. En tout cas félicitations pour tout le chemin parcouru !

    1. France Tronel dit :

      merci Sarah 🙂 je te le souhaite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *