Tu as le droit d'être heureuse, bordel - Comment j'ai changé de vie

Tu as le droit d’être heureuse, bordel

Ce titre, c’était le début d’une nouvelle que j’avais commencé à écrire quelques années en arrière. L’histoire d’une jeune fille malheureuse, boulimique, seule. Bref, mon histoire, même si, dans la nouvelle, j’avais inventé un joli personnage qui ne me ressemblait pas du tout pour faire croire que j’étais très loin de tout ça et que, bien sur, il ne s’agissait pas de moi.

Je suis retombée sur cette nouvelle il y a quelques jours et ce titre m’a fait sourire.  » Tu as le droit d’être heureuse, bordel « . A l’époque je crois que c’était un cri de révolte. Pas contre quelqu’un d’extérieur comme on peut se révolter contre ses parents, une règle, une institution. Non, à ce moment là c’était une rébellion intérieure. Un conflit entre moi et moi qui d’un côté me poussait à rentrer dans des cases [ bien trop étroites pour moi ] et de l’autre mon besoin d’exister, vraiment.

Je crois que cela a été le point de départ.

Cette volonté de vivre, d’exister et puis d’être heureuse [ bordel ].

Parce que l’on ne sait pas de quoi sera fait demain – et puis même s’il y aura un demain – mais que l’on sait que l’on est là, ici, maintenant. Et que la seule urgence c’est celle de vivre. Là, tout de suite.

Les événements du Bataclan m’ont fait énormément cogiter à ce sujet. J’ai été profondément bouleversée par ces vies brisées, du jour au lendemain. Comme je l’ai été il y a quelques semaines lorsque j’ai perdu une amie proche d’un accident, et une autre d’une maladie foudroyante.

A chaque fois cela a décuplé mon envie de vivre et cela m’a conforté dans mes choix de vie. Le fait d’être indépendante et d’avoir la liberté, chaque jour de faire ce que j’aime. C’est un luxe dont je ne pourrais plus me passer même si cela se chiffre en semaines de 70 heures et en nuits (très) courtes.

Se battre pour ses rêves et puis les faire vivre au quotidien.

En réfléchissant à la question j’ai réalisé que j’avais passé (très) longtemps à mettre soigneusement de côté mes rêves un par un. J’ai toujours aimé écrire. Depuis que j’ai l’âge de tenir un stylo j’écris des nouvelles, des poèmes, des journaux intimes. Et puis des histoires sans queue ni tête. J’ai toujours voulu en faire mon métier, et puis, on m’a toujours susurré dans le creux de l’oreille que cela n’en était pas vraiment un, alors j’ai renoncé. D’ici quelques semaines j’aurai l’opportunité de vous proposer ma première nouvelle. Je ne sais pas ce qu’il adviendra. Si elle vous plaira ou non et puis s’il y aura une suite, des opportunités. Mais je serai allée au bout de ce rêve, d’écrire, de finir un projet, de publier un livre.

J’ai toujours aimé le sport, que j’ai pratiqué à plutôt haut niveau. Mais ce n’était pas un métier bien comme il faut. Alors j’ai mis de côté mes rêves (un peu fous) et puis mes aspirations dans ce domaine. Aujourd’hui, presque 10 ans plus tard, j’y reviens, assidûment et avec beaucoup de passion et d’amour.

Et puis j’ai toujours aimé sentir et toucher les fruits et les légumes, travailler les ingrédients, eu une propension à manger beaucoup (trop) de gourmandises. Mais tout cela était si loin de mes études « bien comme il faut ».

Enfin j’ai toujours encadré, aimé transmettre, échanger. Toujours eu cette capacité d’élan et d’enthousiasme. Mais je ne me sentais pas à ma place dans mon précédent environnement qu’était le monde de l’entreprise. Aujourd’hui j’aime partager au quotidien à travers les coachings. Transmettre, échanger, ce sont à chaque fois de vraies et belles rencontres.

Aujourd’hui, contrairement à quelques années en arrière, je n’ai pas de plan de carrière, pas non plus de rémunération fixe ou de bien de participation ou intéressement. Mais je sais ce que je veux, je sais où sont mes rêves et pour la première fois depuis des années je les poursuis et j’en suis heureuse.

Je sais que je veux écrire, encore, toujours, cuisiner, respirer à pleins poumons. Et puis rire aux éclats, partager avec vous mes coups de cœur et mes coups de sang, mes colères et puis mes fous rires. Je veux créer, courir, vivre, aimer. Aimer pleinement, sans concession et puis continuer, chaque jour à donner le meilleur dans tout ce que j’entreprends.

Bien sur parfois je cogite, je ne sais pas où cela va me mener, parfois je me demande même si cela vaut la peine. Mais je me rappelle l’ancienne moi, les crises de boulimie, les heures à languir que la journée de travail se termine, le sourire éteint sur mes lèvres, la fatigue inexpliquée, la dépression.

Alors oui, cela en vaut la peine. rêver, sourire, déployer ses ailes.

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