c'était il y a 25 ans

C’était il y a 25 ans [ Un siècle, une éternité].

C’était il y a 25 ans. [ Un siècle, une éternité].

Punaise le temps passe. File.

25 années et toujours la même souffrance.

A croire qu’il y a des plaies qui ne se referment jamais. [ Là il faut qu’on m’explique parce que normalement une plaie ça finit toujours par cicatriser, non ? ]

Parfois j’ai mal. Parfois je pleure. Parfois je t’en veux, aussi. Et puis souvent, j’ai la haine.

J’ai envie d’hurler au monde combien c’est INJUSTE.

Combien tu me manques et combien tu n’aurais jamais dû partir. Non c’était trop tôt. Une mère ne devrait pas pouvoir partir en laissant son enfant d’un an. Un homme ne devrait pas être veuf à 30 ans. On ne devrait jamais apprendre à une fillette qui sait à peine marcher que sa maman ne reviendra jamais. La maladie ne devrait jamais briser une famille. JAMAIS.

Et pourtant.

Oui la vie est injuste. [Je sais c’est nul, et puis SUPER banal de dire ça, mais c’est ce que je ressens. L’injustice].

J’ai beau me dire que l’univers nous envoie des messages. Que rien n’est dû au hasard. Là je ne pige pas.

Pourquoi pourquoi POURQUOI BORDEL ???

Cela fait 25 ans que je me pose cette question : POURQUOI.

Bien sûr, elle reste toujours sans réponse.

Dans ma tête c’est un ouragan – un tsunami – un tremblement de terre.

Aujourd’hui alors que les larmes dévalent sur mes joues je pense à cette phrase : «  Les morts sont des invisibles mais ne sont pas des absents » (Saint Augustin)

Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais cette phrase me fait du bien. Du coup je ferme les yeux et je l’imagine. L’avantage de ne pas l’avoir connue c’est que mon imagination n’a pas de vraiment de limite. Je l’imagine les cheveux longs et puis très noirs. Sa main caressant mes cheveux et puis me serrant dans ses bras. Je crois qu’elle aime bien Flo et qu’elle est heureuse pour nous. Pour notre mariage. Et puis j’imagine qu’elle a la peau douce et une voix claire. Je l’imagine me chanter Mistral Gagnant Parce que c’est ma chanson préférée. Elle me fait jouer du piano, aussi. Je n’ai jamais été très douée mais elle est patiente. J’imagine son sourire. Je ne sais pas si elle a eu l’occasion de sourire pendant mon année de vie, alors là je l’imagine se rattraper et rire aux éclats. J’imagine qu’elle sent bon. Un parfum qui m’est familier. Coco mademoiselle peut être. Ou n°5. Je suis sûre qu’elle le porterait à merveille. Je l’imagine porter des jupes longues et des manches courtes. un peu bouffantes. Des petites ballerines aussi. Simplicité. Je l’imagine piètre cuisinière mais aimant les pâtisseries, et puis les bonbons, aussi. Je suis sûre qu’elle aimait la Corse, et puis les vacances au soleil. Alors ma rêverie s’achève sur une plage de Corse – Ensemble.

Lorsque j’ouvre de nouveau les yeux, ma peine a un peu disparu. Je suis plus apaisée. Elle n’est toujours pas là mais je sais qu’elle est quelque part. Pas très loin. Dans ma tête, dans mon cœur. 

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