L'homme de la rue - Comment j'ai changé de vie

L’homme de la rue

C’est le (sur)nom que se donne M

[ Pour savoir qui est M je vous invite à aller par ici ]

Cela lui est venu un jour lorsqu’un petit garçon l’a montré du doigt en disant à sa maman  » Maman, maman, c’est le monsieur de la rue « .

La maman était gênée [ ah les mots d’enfants !].

M a souri. 

Et ce surnom est resté.

Je suis  » l’homme de la rue, celui à côté de qui on passe sans un sourire, sans même un regard. Un peu comme si je faisais partie du décor – mais un décor moche ». Cette phrase m’a glacée au plus profond de mon être. C’est vrai, pourtant. Enfin pas tout le temps, heureusement. Mais souvent.

[ Je n’avais pas fait attention mais moi même avant je détournais le regard. Par tristesse, par gêne, par culpabilité peut être aussi.]

La première chose que j’ai dite à M [ enfin l’une des premières parce que la toute première je suppose que cela a été « bonjour » – je suis quand même une nana polie ] a été « il y a la situation et puis il y a la personne « . Je fais partie de ces gens qui pensent qu’un statut social, qu’un poste, ne définit pas une personne. Qu’il y a bien plus que cela à découvrir en chacun. 

Lorsque j’étais à l’hôpital il y a quelques années j’ai été choquée d’entendre  » tu as apporté le plateau à l’anorexique ? » en parlant de ma voisine de chambre. Certes anorexique mais d’abord et avant tout une personne avant d’être une maladie.

Et puis il y a eu ensuite une multitude de raccourcis comme cela : « la comptable » pour Sandrine, le voisin pour « Monsieur untel », « l’avocat »,  « la grosse », « le type à la BMW », « Monsieur salaire à 5 chiffres »,  » Le beau gosse du 3ème »,  » l’intello « , … etc etc.

Et donc, « l’homme de la rue ».

Mais M il est bien plus que cet homme là. C’est un pâtissier doué (même s’il ne se l’avoue pas), [ D’ailleurs je vous invite à voir notre réalisation commune par ici ! ] un bosseur acharné – à enchaîner les petits boulots qui ne lui permettent pas de joindre les deux bouts mais à ne jamais abdiquer. C’est un papa, aussi. Et c’est un homme profondément gentil, et humain. Et puis c’est un éternel optimiste – Le genre de personne qui ne se plaint jamais [ et ce même lorsque les larmes envahissent ses joues]. C’est un blagueur, un pétrisseur hors pair, un puits de culture, une source inépuisable de gentillesse.

Bref M c’est un type bien.

Le genre de personnes parmi des centaines d’autres pour qui j’ai envie de me bouger, de me lever le matin et de tout donner, le genre de personnes pour qui j’ai envie de faire changer le monde (oui oui, rien que ça).

 

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