Réorientation professionnelle  - Comment j'ai changé de vie

Réorientation professionnelle 

Cela fait un moment que cet article est dans mes brouillons sur le blog et que je n’arrive pas à le terminer. Que je n’en suis pas pleinement satisfaite, que je réalise qu’il manque mille et une précisions, bref que je tâtonne !

Il faut dire qu’il y a tant de choses à dire sur le sujet… La (ré)orientation professionnelle

Dans un premier temps il est important de vous préciser que je vais aborder ici mon expérience, ma façon de voir les choses, ma façon de faire. Mais que tout cela n’a rien d’universel, j’en ai bien conscience. Nous sommes tous différents et par conséquent il y a sûrement des choses qui ne vous parleront pas, qui ne correspondront pas à votre vécu, sur lesquelles vous ne serez surement pas d’accord. Mais je vous parle ici de ce qu’il s’est passé pour moi. 

Commençons par le commencement. Contrairement à certaines personnes de mon entourage, je n’ai jamais su ce que je voulais faire de ma vie. Mon frère par Exemple voulait être dans l’informatique depuis ses 7/8 ans, ma sœur a toujours voulu être médecin, aujourd’hui ils suivent des études dans ce sens.

Personnellement je n’ai absolument jamais su quel métier je voulais exercer. Et je vais même aller jusqu’à vous dire que l’idée même de devoir choisir une orientation pour toute ma vie a toujours été quelque chose qui m’a angoissée, aussi loin que je m’en souvienne.

Je ne sais pas si cela est un avantage ou un inconvénient mais j’étais une excellente élève. J’ai donc toujours été poussée par mes parents et par mes professeurs par les voies les plus longues et les plus  » élitistes » (je déteste ce mot Mais je crois qu’il est quand même révélateur du parcours que j’ai suivi).

S’en sont suivies donc une classe préparatoire puis une grande école de commerce. Jusque là j’avais choisi l’orientation la plus large possible, j’avais repoussé le choix puisque je ne savais – toujours – pas ce qui me bottait vraiment.

Et en école, de nouveau, j’ai été confrontée à ces questionnements. Quelle orientation? Quelle spécialité ? En fait mon soucis, c’est que j’ai toujours été très intéressée par tout. Je suis ce que l’on appelle communément un  » zèbre « . J’ai un QI un peu  » hors norme  » et une curiosité intellectuelle qui est rarement satisfaite. Du coup pendant toute ma scolarité j’ai toujours tout aimé. D’ailleurs je crois que j’aurais aimé rester étudiante toute ma vie, juste pour continuer à apprendre, à me plonger dans des livres, à écouter des conférences. Je vous précise tout cela parce que cela a une importance pour la suite. 

Bref, j’aimais tout et je n’arrivais pas à faire de choix.

Du coup j’ai fait une multitude de stages. Dans différents domaines,  » pour tester « . La logistique, les ressources humaines, le contrôle de gestion, la gestion de magasin, la finance. Systématiquement j’aimais quelques semaines, puis, à chaque fois que la routine s’installait, que je n’avais plus ce sentiment d’apprendre de nouvelles choses, je me lassais. D’où cette angoisse à me dire que je n’arriverais jamais à trouver quelque chose qui me conviendrait toute ma vie. 

Comme il faut bien faire des choix, j’ai passé mon diplôme en me spécialisant dans la finance. La encore plus parce que c’est un secteur à débouchés (argument purement et platement rationnel je vous l’accorde, Mais qui a le mérite d’être rassurant) que par véritable conviction / passion. 

Je vous passe les détails de la suite : déménagement, recherche d’emploi et effectivement un premier emploi qui arrive vite, dans le secteur bancaire. 

Idem à mes précédentes expériences je m’éclate pendant 2 mois, je découvre, je teste, je m’épanouis. Et puis viennent les effets pervers.

Déjà parce que j’avais l’impression d’entrer dans cette fameuse routine que je détestais tant. Et surtout parce que je faisais des choses qui ne me ressemblaient pas. Je ne me sentais pas du tout à l’aise avec la pression commerciale constante, avec les objectifs. Je voulais parler conseil client on me parlait objectifs commerciaux. Je voulais parler humain, on me parlait business. Et j’ai été de plus en plus mal avec cela au fil des mois. Pour ne rien vous cacher je suis partie pendant plusieurs mois au travail la boule au ventre et rentrée le soir en pleurs. Partagée entre le fait qu’il fallait que j’atteigne mes objectifs commerciaux pour être titularisée (je ne vous ai pas précisé, j’étais en CDD) et le fait que la manière de faire me donnait littéralement la nausée.

Je détestais de plus en plus la personne que j’étais en train de devenir au travail : insistante, intéressée, au conseil  » orienté « . Et puis chez moi : stressée, en pleurs, à fleur de peau, sans arrêt sur les nerfs, aigrie, râleuse.

En fait ce que j’ai ressenti à ce moment là c’était une sorte de dissociation. Dans le sens où je n’étais plus en phase avec moi même. Je n’étais pas moi. Je voulais faire d’une façon Mais le  » cadre  » m’imposait une autre façon de faire. Et cela me rendait vraiment et profondément mal. Jusqu’au jour où j’ai eu des symptômes physiques de tout ça. Mon corps en plus de ma tête lâchait. J’étais malade, je n’arrivais pas à me lever le matin, j’étais systématiquement attirée par le sucre, aliment doudou par excellence, j’avais des tremblements et même des convulsions. 

Pendant cette période je me suis accrochée à l’idée que j’avais de la chance d’avoir un emploi, qui plus est dans une entreprise et une branche qui proposait / propose de gros avantages, une évolution de carrière, un job bien comme il faut. Bref, difficile de faire la fine bouche a tout ça dans un contexte économique pas vraiment favorable. On m’avait fait confiance, il fallait que je tienne coûte que coûte. Mais je sentais que je m’éteignais jour après jour. Que la petite flamme que j’avais toujours eu en moi jusque là, la jeune fille énergique, souriante, toujours motivée, n’était plus. Et cela était vraiment difficile à vivre pour moi parce que j’ai toujours été pétillante, énergique, passionnée. Et que j’avais l’impression de n’être plus que l’ombre de moi même. 

Et puis mon contrat se termine (là encore je vous passe les détails). Deux choix s’offrent à moi (même si à ce moment là je ne vois qu’un seul) : chercher un nouveau poste dans la même branche ou faire autre chose. À ce moment là je ne me pose même pas la question. Je rempile avec mes CVs et mes candidatures spontanées. Mon mari me questionne alors  » est ce que tu aimes ce que tu fais ? Tu te vois retravailler dans une banque ? »  

Bien sûr je réponds par la négative, comme un cri du cœur. Pourtant à ce moment là je ne voyais pas d’autre option. C’est lui qui me conseille alors de prendre du temps pour moi, pour me poser les bonnes questions, pour me recentrer sur mes envies et ce que je souhaite vraiment faire. Ce qui est au creux de moi.

La nutrition est alors une évidence (Apres mon rééquilibrage alimentaire je m’étais déjà passionnée pour la question). Et pourtant mille et une choses me bloquent : le Fait de reprendre une formation, de ne pas travailler pendant ce temps, d’être indépendante et donc de ne pas avoir de revenu assuré, de ne pas avoir un boulot  » bien comme il faut « , de décevoir ma famille, mes parents. Mon mari me pousse en me disant que nous n’avons pas encore d’enfants, pas de crédit, que je suis jeune, que c’est le moment où jamais. 

Honnêtement je crois que je ne le remercierai jamais d’avoir insisté autant, parce qu’il avait raison. 

J’ai donc entrepris un  » reset » , je me suis formée, je suis repartie de zéro, j’ai douté, beaucoup, je me suis plantée. Mais aujourd’hui je ne regrette pas parce que je fais ce que j’aime, sans routine, et en continuant à me former tous les jours pour être chaque jour meilleure auprès des personnes que j’accompagne et puis pour assouvir ma curiosité intellectuelle. 

Bien sûr je ne vais pas vous mentir, il n’y a rien de Simple à changer de voie, encore moins à se lancer seul(e).

Je crois que la vie d’indépendant est très idéalisée. Je ne compte pas le nombre de fois où l’on m’a dit  » oh Toi tu travailles seule tu peux faire telle chose ou une autre  » ou encore  » Toi tu n’as de comptes à rendre à personne »   C’est vrai.

Pour autant il y a plein de choses qui sont difficiles, aussi, et que l’on ne voit pas forcément de prime abord. Travailler seul et/ou chez soi ce n’est pas forcément facile. Personnellement j’ai mis beaucoup de temps à trouver mon équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Idem, il y a eu de nombreuses fois (et encore aujourd’hui !) ou j’aurais aimé pouvoir me confier à une collègue, prendre un café en papotant ou encore remettre le poids de la décision sur les épaules de quelqu’un d’autre. Oui parce que lorsque l’on est seul on prend toutes les décisions, et surtout on en paye le prix cash. À 25 ans ce n’est pas toujours Simple, loin de la. 

Bien sûr il y a un aspect purement financier, être indépendant signifie ne pas savoir ce qui va rentrer sur le compte chaque mois. Et ce n’est pas évident. Personnellement j’ai eu pendant très longtemps ce besoin de sécurité. C’est d’ailleurs ce qui m’a longtemps freinée pour changer alors que je n’étais pas bien dans ce que je faisais et que je m’en rendais très bien compte. Mais la routine et le Fait de rentrer dans une case a un côté sécurisant. Et je crois que la plupart des êtres humains ont ce besoin de sécurité. Légitime mais qui nous coupe très / trop souvent de l’essentiel je trouve. 

Je ne rentrerai pas dans les détails mais être indépendant cela signifie ne pas avoir les mêmes avantages qu’un salarié (en terme de grossesse notamment, je suis en plein dedans !). 

Idem je crois que lorsque l’on lance une activité (quelle qu’elle soit) il faut s’y consacrer corps et âme. Personnellement j’y ai consacré 70/80h en moyenne depuis 2 ans. Jusqu’à 100 heures certaines semaines. Sans vacances, sans week-end, sans jour off. Je me suis même surprise à envoyer un coaching et à répondre à des mails le jour de mon mariage, quelques heures avant de passer devant monsieur le maire. Bref, vous voyez. 

Et pourtant j’ai fait ce choix et je ne l’ai pas regretté une seule seconde en 2 ans. Tout simplement parce que je me lève naturellement le matin en ayant envie de me mettre au travail, parce que j’ai de l’énergie à revendre, parce que j’ai le sourire vissé sur les lèvres, parce que je crois en ce que je fais et que surtout, pour la première fois de ma vie j’ai l’impression d’être à ma place et d’y être profondément bien. Cela ne veut pas dire que tout est toujours rose pour autant. Bien sûr il y a des jours où je doute, ou j’ai peur. Bien sûr il y a des mois de galère. Bien sûr il y a des remises en question. Mais je ne regrette pour rien au monde. Aujourd’hui je fais ce que j’aime et cela n’a pas de prix.

Et j’espère sincèrement que j’arriverai à transmettre cela a ma fille, à être assez à son écoute pour la guider sur le chemin qui est le plus juste pour elle, sans appréhension et a priori. 

Parfois on me demande comment je vois la suite ? Personnellement je ne vois rien. Comme pour tout, je vis l’instant et je donne mon maximum. Je pense que c’est important. Mon grand père me disait  » quoique tu fasses fais le avec passion et amour « . Aujourd’hui c’est ce que je fais. Je repousse mes limites, je me forme au quotidien, j’investis énormément de temps et d’argent dans tout ça. Mais je fais cela parce que j’y crois et que cela me porte, parce que cela me fait vibrer, que cela me fait vivre. Je n’ai pas l’assurance que cela marchera dans 10 ans mais aujourd’hui je me donne les moyens d’y arriver pour ne pas avoir de regret. C’est mon leitmotiv, ne pas avoir de regrets. La vie est courte, malheureusement j’en ai fait l’amère expérience et je ne veux pas me dire que je ne l’ai pas pleinement vécue. C’est peu être bête mais c’est vraiment ce qui me pousse à me lever le matin. Donner le meilleur avec passion et amour. Si demain cela n’est plus le Cas j’arrêterais, c’est sur. Je ne peux pas vous dire ce que je ferai dans ce cas, mais j’ai besoin d’être portée par la conviction, j’ai besoin de faire les choses avec le cœur pour les faire bien, ce n’est pas forcément évident mais c’est ma manière de fonctionner. 

Pour en finir avec cet article fleuve (Pardon!) j’ai envie de vous dire que si vous avez un rêve : tentez. Accrochez vous y fort et donnez vous les moyens. Surtout.

Personnellement je me forme au quotidien depuis bientôt 3 ans. Je fais des séminaires, des formations à distance, je lis, j’écoute, il n’y a pas un jour où je ne m’enrichis pas de tout cela, je pense que c’est important. Évidemment comme je  vous le disais plus haut cela demande clairement un investissement personnel et pécuniaire important (certains m’ont demandé sur les réseaux sociaux : personnellement je dois en être à presque 10k€ pour mes formations sans compter les conférences, séminaires etc..). Mais je crois que se lever le matin avec le sourire n’a pas de prix. cela demande par contre clairement des concessions et des sacrifices. Et parfois c’est un véritable casse tête chinois !

Certains m’ont demandé aussi des conseils et avis sur des formations en particulier : je n’en donnerai pas pour la Simple et bonne raison qu’il en existe une multitudes et que je suis -très-loin de tout connaître (je ne suis même pas sûre pour moi même d’avoir Fait les meilleures choix d’ailleurs ) et surtout que cela dépend beaucoup de vos attentes  

par exemple j´ai conseille plusieurs fois ma formation à des personnes que je connaissais ou ici via les réseaux  et cela est tombé quasi systématiquement à côté de ce à quoi il / elle sattendait et c´est dommage car il s’agit d’un investissement en temps et en argent conséquent  (dont je ne veux plus etre tenue pour responsable)

Beaucoup des métiers du bien être par exemple (mais pas que !) ne sont pas réglementés (notamment la sophrologie, la naturopathie, la réflexologie, mais aussi beaucoup d’autres). C’est un peu le soucis. Par contre, et j’insiste bien là dessus, certaines formations / organismes sont beaucoup plus renommés et reconnus que d’autres. Il existe des accréditations, des agréments. Là encore tout dépend de ce que vous voulez faire de votre formation. C’est réellement du cas par cas. Si vous souhaitez vous en servir de base et vous installer comme naturopathe par Exemple ou simplement vous en servir d’éclairage pour une autre activité – ce qui est mon cas –  (si vous êtes professionnel de santé par Exemple), la vision sera bien différente. 

Tout ça pour vous dire : renseignez vous et surtout posez vous la question du  » pour quoi faire «  

Quelques conseils qui me viennent tout de même :

  • On ne se forme pas (à quoique ce soit) en une dizaine d’heures : si on vous propose ce type de formation en vous gageant qu’elle est de qualité, fuyez.
  • Idem pour les formations 100% à distance dans certains domaines comme l’hypnose par Exemple il est pour moi indispensable de faire du réel !
  • Le prix de la formation peut aussi être un indicateur (même si ce n’est pas le seul, je vous l’accorde et qu’il n’est pas forcément une garantie ) : si vous voyez une formation à 50€ ou encore une formation à 600 qui est subitement en  » promo  » a 50 sur des sites de bonnes affaires (vu récemment) c’est qu’il y a anguille sous roche.
  • N’hésitez pas aussi à aller rencontrer les écoles en réel, à lire des avis sur les forums, a vraiment vous questionner si cela doit être un choix professionnel à 100%. 

Dernière chose, et celle que je tâche d’appliquer au quotidien (et qui pour moi est l’essentiel !) : dans ce genre de métiers on apprend tous les jours. En plus de la formation de « base » il faut être curieux, s’enrichir, chercher, creuser, se questionner. Ne pas avoir peur de se tromper, de faire marche arrière. Bref, de cheminer ! 

[ Et pour terminer avec une note d’optimisme et d’espoir : personnellement je n’ai pas peur que cela ne marche pas / plus. Je ne sais pas ce que je ferai demain, si j’aurai encore la chance d’exercer et de partager ici avec vous, si j’aurai même la chance d’être encore en vie, alors je vis, tout simplement et je fais tout pour être épanouie au quotidien. Je me bats pour ça, pour moi, pour notre petit bout à naître, parce que je lui dois bien ça, à elle aussi. ]

Pardon pour cet article fleuve, j’ai du d’ailleurs perdre certaines personnes en route ! Je sais que beaucoup se reconnaîtront dans cet article, dans ces questionnements (malheureusement), j’espère que mon témoignage aura pu vous apporter un peu d’espoir voire un peu d’énergie, qui sait !

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