Ah si j’étais un homme … - Comment j'ai changé de vie

Ah si j’étais un homme …

[Cet article aurait dû/pu s’appeler « Le jour où je me suis faite traiter de p*** dans la rue, parce que j’ai osé courir en legging sous 32 degrés et un soleil de plomb].

En fait, quand je suis rentrée chez moi ce jour-là j’étais bouleversée. Je ne suis pas du genre à  faire des raccourcis faciles et à débiter des généralités du type « mais où va le monde » toussa toussa. Mais ce jour-là j’ai clairement été choquée. Choquée et peinée. Et même choquée, peinée ET en colère.

[Oui cela fait beaucoup pour une seule femme mais ce sont bien tous ces sentiments qui se sont mélangés dans ma tête à ce moment-là].

Alors pourquoi j’étais choquée et peinée : Parce que je considère que quelle que soit la personne que l’on a en face de soi c’est un être humain et qu’un être humain doit être respecté. Et ce qu’il s’agisse d’un homme, d’une femme ou d’un enfant. Et j’étais peinée de voir qu’a priori cette pensée n’était pas universelle.

Et puis j’étais en colère parce que je n’avais rien demandé à personne. Je courrais tranquillement ET [pour faire taire tout commentaire du type « tu l’as cherché tu courrais avec un mini short qui arrivait au milieu de la fesse »] mon legging m’arrivait au milieu du mollet. [Oui oui par 32 degrés et par égard pour les autres – et pudeur, j’ai préféré le legging au mini short – que je garde soigneusement pour les séances de sport à la maison].

En plus évidemment, avec mon gabarit de crevette, je n’ai pas osé dire grand-chose. J’ai juste murmuré un « pauvre type » et j’ai accéléré. (Surement un mal pour un bien vous allez me dire puisque ce jour-là j’ai battu mon record de vitesse).

En fait, j’ai découvert ce problème assez récemment [merci les kilos en moins] et honnêtement je ne pensais pas qu’il était d’une telle ampleur.

Aujourd’hui je ne peux plus mettre de jupe / robe sans me faire siffler / klaxonner / accoster dans la rue. Sérieusement. On parle bien sûr de jupe ou robe tout à fait décentes, vous savez le genre que l’on aimerait bien pouvoir porter tranquillement lorsque le thermomètre frôle les 40 degrés dehors. Je vous assure, on est mieux qu’en jean dans ces cas-là.

Mais plusieurs fois je me suis posée la question en choisissant ma tenue : « est-ce que ce n’est pas – trop ? – » Les personnes qui me connaissent savent que je n’ai pourtant pas tendance à être dans l’extrême limite du sexy – loin de là.

Alors je me suis posée la question : est-ce que ce genre de préoccupation a ne serait-ce qu’UNE seule fois traversé la tête dUN seul homme sur cette planète ? Je ne pense pas. Et pourtant vous les hommes, vous avez aussi des mollets. (Certes un peu plus robustes et poilus que les nôtres la plupart du temps, mais sinon c’est quoi la différence ?) – faut qu’on m’explique.

Est-ce qu’une seule fois un mec s’est posé la question de savoir si cela « ne craignait pas de rentrer seul à cette heure-là » ou même si son «pantalon n’était pas trop moulant ». Est-ce que les hommes se posent ces questions en s’habillant le matin ? En regardant le mien choisir ses vêtements à la vitesse de l’éclair dans l’armoire, je ne le pense pas.

Alors, soyons honnête je suis heureuse d’être une femme, ravie de pouvoir porter la vie, d’avoir la peau douce (bon pas toujours, mais souvent), les cheveux long et puis de pouvoir mettre du rouge sur mes lèvres et du crayon noir sur mes yeux. Mais parfois ce genre de mentalité, ça pèse.

Du coup je me suis renseignée sur la question et je suis tombée sur un chiffre alarmant : 100% des femmes qui empruntent les transports en commun ont été victimes de harcèlement de rue. Y’a pas un problème ?

Et surtout je ne comprends pas. En fait.

Jamais de la vie je ne me permettrais de mettre une main aux fesses d’un mec dans le métro sous prétexte que le collé serré des heures de pointes me rend incontrôlable. Jamais de la vie je ne klaxonnerais un type parce qu’il a un « bon petit boule » ou « un cul bien comme il faut » [Oui oui c’est classe hein !]. Jamais je ne me permettrais d’injurier quelqu’un qui refuserait mes avances.

Alors pourquoi, dans l’autre sens, ça ne marcherait pas ?

 

 

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