Ce n'est pas simple - Comment j'ai changé de vie

Ce n’est pas simple

Hier je vous parlais de -ré-orientation professionnelle dans cet article. Hier encore je déjeunais en terrasse avec un amie à qui j’expliquais mon quotidien actuel, entre fin de grossesse, formation au quotidien et travail pour le blog et en cuisine – Ce matin j’étais noyée sous une montagne de paperasse et de galères administratives, entre courriers et appels houleux. Et à chaque fois la même remarque, venue de mon amie, d’un lecteur ici ou de moi même, en mon fort intérieur  » ce n’est pas simple ». 

Non ce n’est pas simple, il n’y a rien de vraiment simple, en fait.

C’est drôle parce que lorsque j’avais à peine 3 ans je disais à ma grand mère paternelle  » c’est dur la vie mamy « . Je ne sais pas où j’avais entendu cette phrase et pourquoi je l’avais ancrée en moi mais je la répétais régulièrement à qui voulait bien l’entendre.

Aujourd’hui je ne dirais pas que  » c’est dur la vie  » [ Caliméro, sors de ce corps ! ]. Au contraire, je suis persuadée que la vie est belle, profondément et intensément belle, malgré les épreuves que j’ai pu traverser [ et celles par lesquelles je passe encore tous les jours – et oui . ]

Pour autant non, ce n’est pas toujours simple. Et s’il y a bien une chose que j’ai gardé de mon enfance, de mon éducation, c’est qu’il faut se battre, tout le temps et pour à peu près tout.

Lorsque je lis que j’ai de la chance cela me fait bondir. Parce que non ce n’est pas de la chance, c’est du travail, et de l’acharnement. En 2 ans et demi j’aurais pu abdiquer au moins une dizaine de fois. D’ailleurs, 10 fois cela doit être plus ou moins le nombre de fois où j’y ai réellement pensé. Où je me suis dit que finalement j’allais retrouver un emploi salarié et travailler – beaucoup – moins d’heures avec beaucoup moins de démarches, beaucoup moins de stress. Et puis je suis repartie.

J’ai toujours fonctionné comme cela. Je me souviens d’une année il y a 7/8 ans (ça me rajeunit pas …) où j’avais enchaîné 20 défaites (je n’exagère pas j’avais réellement perdu 20 fois consécutives ) au premier tour de tournois (je faisais du tennis à l’époque et je me débrouillais plutôt pas trop mal, mais en tournois j’étais littéralement à côté de mes pompes). J’aurais pu me dire  » Ok, je laisse tomber « . Au lieu de ça je me rappelle distinctement être rentrée chez moi, avoir ouvert le petit livret qui contenait tous les tournois de la région et puis avoir sorti une enveloppe et un timbre pour envoyer mon inscription au tournoi suivant. Ce tournoi là j’avais passé 6 tours et gagné mon premier chèque [ rien de mirobolant hein, mais c’était ma fierté, ce qui récompensait mon acharnement ].

Au tennis encore, la même année, je crois. Je n’avais pas de permis à l’époque (j’étais mineure) et personne pour m’amener à mon match. Ni une ni deux, je cherche l’itinéraire en bus / car. Je fais 1 h 30 de transport, le car m’arrête trop loin. Je rebrousse chemin pour revenir sur mes pas sous des trombes d’eau, je marche 30 minutes, baskets imbibées. Coup de fil du juge arbitre qui s’impatiente (mon adversaire était là depuis belle lurette). Ils viennent finalement me récupérer, trempée jusqu’aux os et en larmes (petit détail : il faisait nuit). J’ai terminé mon match à 22h30, en brassière et pieds nus (allez courir avec des chaussures imbibées d’eau). J’ai perdu. Mon père qui était venu me chercher en râlant autant qu’il pouvait m’a dit ces mots dans la voiture « tout ça pour ça ». C’est vrai j’aurais pu m’éviter tout ça mais j’y suis allée et je ne regrette pas. C’est ce genre de galères qui m’ont endurcies, qui m’ont forgée, pour les fois d’après.

Dernier exemple : A mes concours pour intégrer une école de commerce, première année : Je me tape 4 en maths (outch). Je me souviens distinctement de mon professeur de l’époque qui me dit à ce moment là  » je vous préviens, si vous choisissez de refaire une année c’est minimum 4 heures de maths par jour pour exceller le jour du concours « . Qu’à cela ne tienne. J’ai fait mes 4 heures de maths par jour pendant 1 an. En plus de mes 8/10 heures de cours et des autres matières. L’année suivante, j’ai eu 18 au concours. 

Si je vous raconte tout ça ce n’est pas pour vous dire que je suis parfaite, loin de là. Juste pour vous dire que je n’ai rien de plus. Je suis juste têtue. D’ailleurs, notre petite nénette va être un petit bélier … (coïncidence ? ) et s’il y a une chose que j’ai envie de lui transmettre c’est ça : mon acharnement pour les choses (et les personnes) qui me tiennent à cœur. Parce que non dans la vie rien n’est simple, rien ne tombe tout cuit, chaque jour est une page blanche, un défi à relever. Parfois c’est fatigant mais très souvent c’est challengant.

Et pour vous dire, à vous : Non ce n’est pas simple, vraiment pas. Je ne raconte pas tout sur les réseaux mais bien sûr j’ai mes coups de mou, mes galères, mes doutes. Bien sûr qu’il y a des fois où j’ai envie d’abdiquer. Mais j’ai des rêves, et chaque jour j’essaye de les faire vivre, j’essaye de me donner les moyens de les atteindre. Je ne sais pas ce qui se passera demain et peut être que je n’y arriverai pas, mais je ne veux pas me dire que je n’ai même pas essayé.

Alors je prends des claques, des gamelles, je tombe et puis je me relève.

Notre nouveau défi en tant que parents ne va pas être simple, lui non plus, il faudra s’acharner, persévérer, apporter beaucoup de conviction, d’amour et de douceur. On se trompera – beaucoup – on pleurera – surement mais on fera de notre mieux, envers et contre tout.

Tout ça pour vous dire, si vous avez un rêve, une envie, un objectif, cela ne sera pas  toujours simple, mais cela en vaut – vraiment – la peine. 

Photo : Pixabay

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