Etre comme la dame, là bas - Comment j'ai changé de vie

Etre comme la dame, là bas

Pendant très longtemps j’ai trouvé toutes les autres filles plus joliesplus mincesplus agréablesplus stylées – plus élégantes plus confiantesplus intéressantesplus intelligentes plus douées que moi.

Et puis moi j’étais toujours trop ceci – ou pas assez cela.

En fait j’aurais aimé être plus mince – moins gauche – plus élégante – moins garçon manqué. J’aurais aimé ne pas être myope et ne pas me ronger les ongles – Et puis j’aurais rêvé d’être plus organisée – moins rêveuse – plus douée – moins angoissée – plus jolie et moins têtue – Plus extravertie – moins bordélique – plus drôle – moins sensible – plus avenante – moins timide – Plus fêtarde – moins intello – plus volubile – moins altruiste – etc etc.

Un jour, enfant, j’ai montré du doigt une jeune femme dans la rue et j’ai dit à ma grand mère  » quand je serai grande je voudrais être comme la dame là bas « . Après m’être fait remonter les bretelles parce que  » on ne montre pas du doigt les gens dans la rue  » elle m’a dit  » bien sur que tu seras comme elle  » – et puis nous avons continué notre chemin.

Il y a quelques mois j’ai réalisé que j’avais passé beaucoup de temps à essayer de ressembler à d’autres. A être aussi tendance que l’une, aussi drôle que l’autre, aussi abordable que la troisième. Je me suis construit une espèce de personne, qui n’était pas vraiment moi mais un patchwork d’autres – et puis ce patchwork, j’ai fini par me l’approprier, alors c’était peut être moi un peu, au fond.

Et puis j’ai compris qu’à force de vouloir ressembler à d’autres je m’étais oubliée. Même moi je ne savais plus trop qui j’étais – alors imaginez les autres.

Et j’ai arrêté d’espérer. Je me suis concentrée sur moi. Sur qui j’étais vraiment, au fond et surtout qui je voulais être. Le déclic cela a été de comprendre que la personne que l’on était se construisait. Petit à petit. Que peu à peu je pouvais moi aussi arrêter de me ronger les ongles [ bon y’a encore un peu de boulot ], arrêter de m’habiller avec des vêtements pour hommes, gérer mes peurs et mes doutes. Que je pouvais porter des lentilles au lieu de mes grosses lunettes et puis que je pouvais prendre confiance en moi et sortir peu à peu de ma coquille. Coquille dans laquelle je m’étais barricadée – bien à double tour.

Cette prise de conscience a été un déclic. Un déclic et un soulagement d’une certaine façon. Parce que j’ai appris que l’on pouvait changer, évoluer, grandir. Et ça cela a été la plus grande révélation et le plus bel apprentissage des deux dernières années. Le plus important aussi.

Celui auquel je m’accroche chaque jour, un peu plus.

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