Les troubles du comportement alimentaire - Comment j'ai changé de vie

Les troubles du comportement alimentaire

Il y a plus d’un an maintenant j’avais parlé de TCAs ici.

Aujourd’hui, j’ai décidé de revenir traiter de la question. Parce que plus j’accompagne des personnes au quotidien dans leur changement alimentaire plus je réalise combien cette problématique est – finalement – et malheureusement – trop – courante.

 

Alors déjà TCA, ça veut dire quoi ? T.C.A. 3 lettres pour résumer un ENFER. 3 lettres pour signifier « Troubles du Comportement Alimentaire. »

 

Ok, mais finalement concrètement,  qu’appelle-t-on « Trouble du comportement alimentaire » ?

Alors déjà

Pour un être humain, l’alimentation est primordiale, c’est une obligation, une nécessité, un besoin vital. Se nourrir = VIVRE. De plus, elle est associée au plaisir, gustatif bien sur mais aussi social. Manger c’est se réunir, échanger, partager.

Que du positif dans tout cela donc – Alors les TCA qu’est ce que c’est ?

Tout simplement un rapport « anormal » à la nourriture.

Mais là vous allez me dire, « la norme elle est où » ? – Pas facile de répondre à cette question. Sans vouloir philosopher sur la notion de norme / normalité, je dirais que la norme elle est dans l’absence de (sur) contrôle et d’excès. Bref, finalement la norme elle est dans la mesure ! Par là je veux dire que s’il est normal de faire attention à ce que l’on mange (pour des questions de poids et/ou de santé et/ou d’objectifs sportifs), il est cependant anormal que contrôle vos pensées, que la nourriture régisse tout dans votre vie, que cela devienne une véritable obsession.

Par obsession j’entends calculs interminables du nombre de calories, tentatives compensatoires (jeûne ou sport à outrance après un « excès »), stress à chaque invitation à l’extérieur par peur de perdre le contrôle etc.

De même, s’il est normal de se faire plaisir de temps en temps, de manger une part de gâteau et des bonbons pour un anniversaire voire une tablette de chocolat une veille d’examen, il ne l’est pas d’entrer dans l’excès et d’ingurgiter 8 tablettes de chocolat, 4 paquets de biscuits, 2 saucissons, des paquets de chips et 1 kilo de bonbons tout cela en l’espace de 30 minutes. De manière mécanique, par une volonté de combler un vide, un besoin irrépréhensible de se « remplir ».

Alors voilà pour moi le rapport « anomal » c’est ça : sur-contrôle et/ou excès. 

Il existe plusieurs types de TCA.

Le plus connu c’est l’anorexie. Même si le trouble est connu du grand public, il est cependant mal interprété et dans l’inconscient collectif, une personne mince / maigre = une personne anorexique. Je dis NON. Le raccourci est très (trop !) facile. Au risque d’en choquer plus d’un(e) l’anorexie ce n’est pas qu’une question de poids ou d’IMC. L’anorexie comme les autres troubles du comportement alimentaire est d’abord une maladie d’ordre psychologique (mais bien sur elle devient peu à peu physique). Autrement dit, on peut avoir un IMC tout à fait normal et souffrir profondément d’anorexie mentale, a contrario on peut être naturellement très mince et avoir un rapport à la nourriture tout à fait normal. Attention aux amalgames et conclusions un peu (trop) rapides donc.

La perte de poids incontrôlée et rapide, tout comme la suppression de certains aliments de l’alimentation (aliments auparavant avalés sans problème particulier), une pratique très intensive du sport, des repas souvent « pris à l’extérieur » ou des goûters que personne ne voit jamais. Tout cela peut mettre la puce à l’oreille des parents, de l’entourage.

Moins connues la boulimie et l’hyperphagie. J’ai lu un article là dessus dernièrement qui m’a fait bondir d’ailleurs. Bondir pourquoi ? parce qu’il commençait par « Bien que moins grave et destructeur que l’anorexie ….. ». Alors pourquoi cela m’a fait bondir ? Parce que oui la boulimie et l’hyperphagie sont des troubles réellement destructeurs. Et ce à la fois physiquement et psychologiquement. Pour moi il n’y a pas d’échelle : + grave / – grave car tous ces troubles du rapport à la nourriture sont le reflet d’autre chose, d’un mal être puissant. Bref le trouble du comportement alimentaire n’est pas la maladie en tant que telle, elle n’est pas la source, la cause mais la conséquence. On ne s’arrête pas de manger par hasard, comme on ne détruit pas sa santé en se faisant vomir pour rien. Chaque trouble a une explication,  une origine. Et celle ci est personnelle, unique.

L’hyperphagie et la boulimie se caractérisent toutes les deux par une alimentation excessive. Par excessive j’entends TRÈS excessive. On n’est pas hyperphagique ou boulimique parce que l’on a avalé une tartine de pâte à tartiner au goûter. Ce sont des prises alimentaires compulsives, presque irrépréhensibles qui se caractérisent par une absorption rapide et excessive d’aliments sans de « liens » entre eux. Pendant une crise le malade peut ingurgiter du chocolat, des chips, du pain, des pâtes, de la pâte à tartiner, du fromage, tout cela sans lien logique ni envie.Souvent ces crises font place à une immense culpabilité et au dégoût de soi même.

La différence entre les deux troubles ? La boulimie contrairement à l’hyperphagie se caractérise par des « pratiques compensatoires » pour « anéantir » (illusoirement) les effets des crises (donc la prise de poids). Cela peut être le sport à outrance, la prise de laxatifs ou les vomissements ou encore les jeûnes par exemple.

On peut d’abord penser en lisant ces lignes que les deux troubles (enfin 3 mais divisés en 2 types « sous et « sur » alimentation) sont à l’extrême opposé. C’est faux. La ligne entre les deux est très fine et il est courant pour des malades de passer d’un trouble à l’autre.

 

Les TCAs qui en souffre ?

Vaste question. Les TCAs touchent en majorité les jeunes filles et femmes [ 15/24 ans ] mais il n’est pas rare de rencontrer aussi ce type de souffrance chez l’homme.

 

Quelles sont les causes des TCAs ?  

 

Les TCAs peuvent avoir des causes multiples … Un régime qui « dérape », un manque, une volonté exacerbée de contrôle, un événement marquant ou déclencheur, une volonté de montrer que l’on existe. Bref, il y a autant de causes que de malades.

 

Comment on s’en sort ? 

  • Prendre conscience : C’est le premier pas, le plus dur peut être. Mais il est indispensable. L’entourage peut aiguiller, aider, si le malade n’a pas pris conscience du trouble et est dans le dénis, rien ne peut être fait. Prendre conscience et accepter que non, compter les calories de chaque demi fraise avalée, culpabiliser à chaque carré de chocolat ou passer chaque fin de repas au dessus des toilettes cela n’est pas normal. Accepter que ce n’est pas normal, qu’il n’y a pas de honte, et se faire aider (voir point 2)
  • Se faire aider. Accepter une aide extérieure même si cela est difficile ! Les proches sont très souvent impuissants face aux troubles du comportement alimentaire. Au « mieux » ils ne s’en rendent pas compte, au pire ils souffrent autant que le malade lui même et/ ou se sentent coupables. Parfois ils sont même moralisateurs / agressifs. Bref, qu’elle que soit la réaction de l’entourage, cela est rarement la bonne. Et finalement cela est bien normal. Lorsque l’affect s’emmêle, il est beaucoup plus difficile de trouver la réaction juste. Alors il est important de trouver une personne extérieure qui pourra vous aider. Tout simplement parce qu’elle ne vous jugera pas, qu’elle ne sera pas choquée, ni moralisatrice. Psychiatre, psychologue, coach, thérapeute en hypnose, acupuncteur etc. Il n’y a pas de règle. Une chose qui marchera pour une personne ne marchera peut être pas pour une autre mais il est important de se faire aider et de comprendre que le problème vient de soi, de l’intérieur de soi. Et croyez moi c’est rassurant de se dire cela parce que cela veut dire que VOUS pouvez trouver la solution, que VOUS être ACTEUR, que VOUS  pouvez reprendre votre vie en main, que VOUS avez le choix ! et malheureusement dans l’immense majorité des maladies on n’a pas cette chance .
  • Faire le choix de vivre ! Considérer chaque jour comme un nouveau défi, une chance de faire mieux que la veille. Parce que VIVRE, cela doit être votre CHOIX. Vous pouvez CHOISIR de VIVRE, de sortir, de PROFITER, d’être HEUREUX. Quand je parle d’être heureux, je parle d’être vraiment heureux, pas d’aborder un sourire de façade en essayant de faire croire que tout va bien alors que vous êtes rongé à l’intérieur de vous. Je parle d’être RÉELLEMENT et PROFONDÉMENT heureux. De pouvoir sortir avec des amis au restaurant sans culpabiliser, de pouvoir profiter de sa famille sans angoisse, sans compter, sans calculer, sans perdre du temps à se demander comment compenser un écart de la veille. Bref VIVRE !!!
  • Ecrire. Ecrire pour extérioriser ce que l’on ressent au plus profond de soi. Ecrire ses émotions, ses colères, ses peurs.
  • Exit les restrictions ! Les crises sont souvent le résultat de restrictions trop importantes. Il vaut mieux manger 2 carrés de chocolat par jour et se l’autoriser sans culpabilité que de se l’interdire durant des semaines voire des mois puis de criser de manière totalement exacerbée sur du chocolat PUIS des gâteaux PUIS du saucisson PUIS du fromage etc.
  • Se rappeler du principe : manger de tout en petite quantité ne fait pas grossir ! Notre organisme a besoin de gras et de sucre, un besoin vital ! Tout ça c’est aussi de l’ENERGIE ! Alors manger une fois de temps en temps du fromage ou de la charcuterie, s’autoriser un  peu de chocolat tous les jours, utiliser un peu de beurre, non seulement c’est bon pour le moral mais ça ne vous fera pas grossir et c’est nécessaire à votre corps ! Il faut se souvenir que la nourriture c’est notre essence à nous, les humains, pas une ennemie mais une alliée !

En espérant de tout cœur que cet article vous touchera, vous apportera un éclairage ou tout simplement un peu d’espoir ..

N’hésitez pas à me laisser vos petits mots !

 

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