Comment j'ai changé de vie

Troubles du comportement alimentaire [Témoignage 2]

Après le premier témoignage de Lucie qui vous avait fait beaucoup réagir (par ici), un autre témoignage aujourd’hui, celui de Camille (et oui !), 29 ans, atteintes d’hyperphagie et de boulimie depuis 15 ans. 

Camille m’a fait part de son désir de témoigner après avoir lu le témoignage de Lucie. J’ai profité d’un après midi à pâtisser ensemble (un brownie !) pour recueillir son témoignage. Ensemble on travaille beaucoup en sophrologie, on échange via des groupes de parole (et on pâtisse, donc).

Mais assez tergiversé. Je laisse la plume (le clavier, plutôt)

 

Bonjour, moi c’est Camille, 29 ans donc. Je suis commerciale terrain depuis 8 ans et c’est un métier que j’aime beaucoup même s’il me mène parfois la vie dure. Je suis atteinte de troubles du comportement alimentaire, plus précisément d’hyperphagie et de boulimie depuis que j’ai 14 ans. 15 années de combat donc. Je suis l’aînée d’une famille de 4 enfants, la seule fille. Ma maman est très très mince et a toujours été obsédée par l’assiette. La sienne, puis très rapidement, la mienne. J’ai des souvenirs très lointains (pendant l’enfance) dans lesquels ma mère me disait « de ne pas manger ça pour ne pas grossir ». Je devais avoir 6 ou 7 ans. Je n’ai jamais été grosse, ni même avec un léger surpoids. J’ai un gabarit tout à fait « standard » ; A 15 ans je faisais 1m65 pour 57/58 kg, bref, « standard ». Mais pour ma maman j’ai toujours été trop grosse (pour la même taille que moi, elle fait une douzaine de kilos de moins). A la maison tout était calculé, bizarrement surtout pour moi, je n’ai pas le souvenir, ni même l’impression aujourd’hui que son obsession de la nourriture se soit reportée sur mes frères.

A l’adolescence j’ai commencé à ressentir une frustration extrême : de ne pas pouvoir aller au restaurant ou au fast food avec des amies, de ne pas pouvoir manger de desserts, de devoir me peser chaque semaine. J’ai commencé à acheter de la nourriture, et à manger en cachette, manger tout ce que l’on m’interdisait de manger : du chocolat, des gâteaux, des glaces. J’ai même le souvenir un jour d’avoir tartiné du Nutella sur des chips. Cela n’avait aucun sens. A l’époque je crois que c’était de la frustration et un brin de rébellion aussi. Mais voilà, il fallait pas que je grossisse, alors j’ai mis en place toutes les techniques possibles pour compenser ces prises alimentaires : je me suis découverte une passion pour le sport (à outrance), une constipation (qui justifiait l’emploi de laxatifs), et j’ai même été jusqu’à chercher sur des forums les meilleures techniques pour me faire vomir (chose que je n’ai pas réussi à faire pendant plusieurs années). A ce moment là je n’avais pas conscience que quelque chose clochait. Pour moi c’était juste passager, je défiais ma mère par bouffe interposée. ça peut paraître ridicule mais c’était mon ressenti à l’époque. Maintenant je réalise que c’est un peu plus que ça puisque 15 ans plus tard, il m’arrive encore de compenser de la frustration, de la tristesse ou du stress avec de la nourriture.

Je crois que j’ai commencé à comprendre que quelque chose ne tournait pas rond lorsque j’ai réussi pour la première fois à me faire vomir. J’ai passé 1 heure au dessus de la cuvette des toilettes à essayer puis à vomir mes tripes. Mon père a entendu, j’ai prétexté un gros mal de ventre. Peut être une gastro. J’avais la tête qui tournait, les jambes flageolantes, j’étais livide, j’avais mal dans mon corps, partout. Ce jour là j’ai réalisé que ce n’était pas normal. Et j’ai pleuré, longtemps. J’avais 18 ans. A ce moment là j’ai quitté ma famille pour faire mes études supérieures. Je me suis dit que quitter le cocon familial, m’éloigner de ma maman et des contraintes alimentaires allaient me sauver et que je pourrais définitivement mettre une croix sur tout ça. C’était faux, bien sûr.

Loin de ma famille et de mes amis proches j’ai compensé par la nourriture : l’ennui, la tristesse, la solitude. J’avais accès à tout et pourtant je continuais à manger, sans restriction, sans filtre, des choses qui n’avaient ni queue ni tête. Je mangeais du fromage, du Nutella, des glaces, des yaourts, des chips, je buvais des litres de soda. La seule chose qui m’importait c’était que ce soit facile à vomir : aucun autre filtre, aucune notion de goût ou de plaisir. Manger pour me remplir, point. Et cela a duré 10 ans.

Depuis quelques mois j’ai accepté d’en parler, de dénouer un peu tout cela. J’ai accepté aussi de travailler sur moi, j’ai pris le taureau par les cornes pour voir un psychiatre et être accompagnée régulièrement par France. Je crois que je me suis tue pendant des années parce que j’avais honte. Je ne peux pas vraiment dire de quoi, mais une honte viscérale, et un profond dégoût de moi même. Il y a quelques mois encore, je considérais que je ne méritais pas de vivre, que ma vie n’avait pas de sens et que je n’étais qu’un parasite. Oui un dégoût. En même temps, passer 2 heures par jour à se faire vomir, c’est dégueulasse non ? Depuis, j’ai des problèmes de dents, des problèmes de digestion, des problèmes de cœur, j’ai 29 ans et je suis cassée d’un peu partout. Mon travail aujourd’hui c’est de me reconstruire, de me redonner de la valeur, de m’accorder à nouveau de l’importance, et du temps, c’est de me considérer à nouveau comme une personne qui mérite sa place. C’est dur, et je ne vais pas vous mentir, le chemin est encore très long, mais la démarche est lancée et je ne compte pas faiblir. J’ai mis toute mon énergie depuis des années à me détruire, à me mettre plus bas que terre, je compte bien mettre aujourd’hui toute mon énergie pour revivre.

 

51 commentaires sur "Troubles du comportement alimentaire [Témoignage 2]"

  1. Charlotte dit :

    Bravo Camille pour ce témoignage, qui n’a pas du être difficile à écrire.
    Je te souhaite d’atteindre tes nouveaux objectifs 🙂

    1. France Tronel dit :

      C’est courageux oui ! Merci Charlotte. France.

  2. Charlotte dit :

    du être facile* pardon ^^

  3. Magali dit :

    C’est troublant de lire l’histoire d’une inconnue et de se reconnaître dans chaque mot (l’aînée, le frère que l’on laisse tranquille, l’obsession de la mère, le départ de la famille et la situation qui dégénère, ….) La seule différence c’est que moi je n’ai jamais réussi à me faire vomir donc je grossis depuis 15 ans et bien sûr les régimes s’enchaînent et je reprends plus que je n’ai perdu. Bref un cercle vicieux sans fin ! Mais je crois que la trentaine est aussi le déclic pour moi vers la guérison. Je te le souhaite en tous cas, je t’envoie de bonnes ondes et une bonne dose de courage !

    1. France Tronel dit :

      Je te souhaite aussi que l’an y trentaine soit la decennie du renouveau ! France

  4. Emilie dit :

    Belle initiative pour ce projet!!
    Courage Camille dans votre combat!!

  5. Little nanou dit :

    Merci pour cet émouvant témoignage ! On se retrouve toutes un peu dans ton histoire de près ou de loin quand on a des soucis de poids ….Je te souhaite de te réconcilier avec la nourriture et ton corps

    1. France Tronel dit :

      Oui, et c’est pour ça que je trouve que ces temoignages sont importants . ca permet de briser (un peu) les tabous. Merci de nous lire. France

  6. Lilie dit :

    Tu es très touchante Camille. Ton histoire doit résonner pour beaucoup de personnes. Tu es déterminée et tu t’en sortiras, c’est sûr ! Sois heureuse.

    1. France Tronel dit :

      Oui malheureusement c’est une histoire trop commune – d’où l’intérêt d’en temoigner pour faire tomber beaucoup de tabous. Merci beaucoup de nous avoir lues. France

  7. Amélie dit :

    Ah ce témoignage fait écho à mon expérience à moi même si le dénouement n’est pas le même. Il faut se faire aider. Mais je pense que déjà quand on a conscience que ça déraille c’est un grand pas. Et quand on décide que ça change, encore un autre. Merci pour ce petit mais bien rempli témoignage.

    1. France Tronel dit :

      Et oui, un pas après l’autre. Merci pour ton témoignage ! France

  8. Juliette dit :

    Bravo Camille pour ce sursaut de vie, j’espère que tu trouvera ton chemin mais tu as l’air très bien accompagnée ! Je t’envoie toutes mes bonnes ondes, prends soin de toi

    1. France Tronel dit :

      Merci pour ton mot Juliette :). France

  9. AlsnNVR dit :

    Très courageux de témoigner à coeur ouvert de cette manière…
    Les TCA peuvent tout détruire… Mais je pense sincèrement que d’en avoir conscience est le début de la guérison…
    En revanche dans ce texte, ce qui me fait peur est l’apparition de problèmes cardiaque… Comment, sous quelles formes?

    1. France Tronel dit :

      Camille a des troubles du rythme et un coeur trop lent. Les vomissements répétés entraînent de la denutritIon et toutes ses conséquences. (Le coeur est un muscle qui perd de sa vigueur s’il n’a pas tous les apports nécessaires) c’est Aussi le cas très souvent avec l’anorexie. Et oui tu as raison la prise de conscience est le début du changement :). France

  10. Manon dit :

    Merci d’avoir eu le courage de raconter ton histoire. Je souffre moi-même d’hyperphagie, et je sais combien tout cela est lié à un manque affectif, à la sensation de vide, de solitude et de dégoût de soi. Tu montres à toutes les femmes qui connaissent cela qu’il est possible de sortir de ce cercle infernal, ou en tout cas, de faire confiance à des personnes comme France pour travailler sur des choses aussi intimes et profondes que les troubles du comportement alimentaire. Se livrer libère. Merci Camille, merci France.

    1. France Tronel dit :

      Et merci Manon. (Et courage et bravo pour ton combat). France

  11. Clémence dit :

    C’est un peu troublant, voir énormément…
    La même sensation de privation maternelle, les cachoteries le mercredi après-midi après le lycée à manger plus d’1 kilos de pâtes avec des paquets entiers de gâteau, avant d’aller vomir..la même pensée que le fait de quitter le cocon familial me ferait naturellement cesser l’hyperphagie, la même profession…
    Sauf que la différence avec toi Camille… je n’ai pas encore enclenché le processus de changement, encore ce soir, Monsieur est au travail et après 1 pâquet de Pringles avec du StMoret, une purée de butternut, une plâtrée de riz, ratatouille, gruyère et 1 yaourt…j’ai été vomir…

    Je rêve de trouver une solution… d’arrêter de vomir mais surtout, d’arrêter l’hyperphagie….

    1. France Tronel dit :

      Merci pour ton témoignage clémence. Tu sais, en faisant témoigner des personnes atteintes de troubles’ alimentaires mon objectif était vraiment que les malades sont en rendent compte qu’ils ne sont pas seuls. C’est trop courant malheureusement. Et aussi qu’il y a une voie de sortie. Plein de courage. France

  12. Anne Sophie dit :

    Témoignage poignant … Je suis en pleine prise de conscience à l’heure actuelle et je dois avouer qu’après l’avoir lu je vous ai adressé un message de contact pour tenter de m’en sortir. Se rendre compte de notre problème est déjà un grand pas mais hélas qui ne suffit pas forcément à le surmonter …

    1. France Tronel dit :

      Oui c’est un premier pas en effet ! Un gros. Je traite tout ce matin. Douce journée,

  13. Françoise dit :

    Pour une partie, je me retrouve aussi… entre période de crises et de régimes, j’ai fait le yoyo pendant près de 30 ans… il n’y a que quelques mois où j’ai découvert que ce trouble du comportement avait un nom.. avant je pensais que je n’étais pas normale de m’emppifrer comme je le faisais dès que quelque chose n’allait pas dans ma vie.. depuis 1 an 1/2 j’ai changé totalement ma façon de m’alimenter.. j’ai perdu les 10kg pris lors de ma dernière grosse crise.. et je suis assez stable côté poids maintenant

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup pour ce témoignage Francoise. Et oui ce trouble est moins « médiatique » que l’anorexie,c’est pour ça que je trouvais le témoignage de Camille important. Merci. France

  14. Audrey dit :

    Tres courageux ce témoignage et tu as fait un grand pas… je suis une inconnue pour toi Camille mais je t’envoie tout mon soutient, tu as déjà fait un grand pas en « avouant ». Crois en toi et en ta volonté de t’en sortir. La vie est dure mais elle vaut la peine d’etre vécu, heureuse, bien dans sa peau et épanouie.

    1. France Tronel dit :

      Oui le premier pas est fait, enfin les deux premiers avec la prise de conscience. Ce sont souvent les plus durs. Merci beaucoup Audrey . France

  15. Pauline dit :

    J’ai lu les deux témoignages, de Camille et Lucie et j’ai juste eu envie de les prendre dans mes bras et de leur dire « vous n’êtes pas seules » et vous êtes des personnes qui méritent de retrouver le goût de vivre et de vivre les choses pleinement et en paix avec votre corps.
    On se fait tellement de mal avec la nourriture et notre relation avec elle… et plein de gens même ceux dont on est les plus proches dans la vie ne s’imaginent même pas à quel point ça peut être compliqué parfois et qu’ils ne nous aident pas! Mais heureusement il y a des gens comme France qui tendent la main (et l’oreille!) à des gens comme nous qui ont surtout besoin d’écoute et de soutien, d’un coup de pouce pour repartir dans le bons sens, alors merci France pour ton coaching, ton blog, pour tout ce que tu partages avec nous et pour ces témoignages <3 Prenez soin de vous les filles, on y arrivera toutes j'en suis sûre! Pauline

    1. France Tronel dit :

      MERci merci merci Pauline vraiment. C’est adorable. Merci. France

  16. Laura dit :

    Camille, tu es en route!! Je voulais te dire, que ce qui nous freine souvent dans ces démarches, c’est la théorie du « foutu pour foutu ». On fait la balance coût/bénéfice, et on pense que le bénéfice mettra trop de temps à venir. Mais en réalité, le bien-être il se reconquiert dès aujourd’hui. Et surtout, je voulais te dire: ce n’est PAS irréversible. Tu pourras rayer ce problème de ta vie, au moins physiquement. Regarde France, si ce n’est pas un modèle ça! Et pourtant, elle aussi est passée par bien des soucis…
    Je te souhaite, dans ton cheminement, d’utiliser tous ces outils précieux pour être bien dans ton corps et dans ta tête (yoga, méditation, etc.), mais aussi la danse, le chant, l’écriture, pour enfin exprimer autrement que par la parole, ces sentiments étouffés depuis trop longtemps.
    Tu peux faire de ce combat quelque chose de beau, et tu es déjà une belle personne!!

    A ton nouveau toi,
    Laura

    1. France Tronel dit :

      MERCI Laura pour ce si si beau commentaire. Je transmets sans faute. France

  17. Anais dit :

    Un témoignage qui touche!! Je t’envoie Camille des tonnes de courage, de motivation et de réussite!! Ça prendra sûrement du temps mais pas a pas et petit à petit tu attendra tes objectifs jusqu’a arrive à la réussite !!
    Merci à toi France d’aider ces personnes !!
    Ton blog, tes coaching doivent être source de simplicité et bonheur

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup Anais :). France

    2. France Tronel dit :

      Merci laura pour ce si beau commentaire. Je transmets dans faute. Merci encore. France

  18. Barbara dit :

    Merci beaucoup Camille et France pour la publication de ce témoignage…
    La prise de conscience est longue tout comme le chemin vers la guérison dans les TCA, je te souhaite de tout cœur d’aller mieux …
    France pourrais tu nous en dire plus sur les groupes de parole? Ayant aussi des TCA je suis intéressée pour faire des rencontres.
    Merci à toutes les deux

  19. Ilo dit :

    Témoignage honnête et touchant … merci !
    Je souffre aussi de TCA depuis 5 ans maintenant, c’est tellement difficile, parfois je vais mieux et puis je replonge et je tombe encore plus bas. C’est un cercle infernal …
    Alors j’espère que tu vas réussir à aller mieux Camille, même pour les TCA il y a toujours de l’espoir et à force de se battre on parviendra bien à bout de cette fichue maladie !

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup Ilo 🙂 plein de courage à toi dans ce combat. France

  20. Orianne dit :

    Beaucoup de courage à toi Camille! Et ne doute jamais que ta vie ait du sens même si tu as pu avoir l’impression de te perdre.

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup Orianne pour ton mot :). France

  21. Diane dit :

    Bonjour,

    J’ai souffert de 5 ans de boulimie vomitive, est-ce que je pourrais poster moi aussi un témoignage?

    1. France Tronel dit :

      bien sûr 🙂 vous pouvez me l’envoyer par mail via le formulaire de contact 🙂

  22. Rachel dit :

    Bonjour,ton témoignage est très touchant,je te souhaite beaucoup de courage pour ce combat et beaucoup de bonheur pour l’avenir…

    1. France Tronel dit :

      Merci pour elle RAchel, Douce journée, France

  23. Marie dit :

    Merci France de donner la parole à des personnes qui souffrent au quotidien de TCA. Je pense que c’est une des maladies les moins reconnues en France, ceux qui n’en souffrent pas ou n’en ont pas souffert ne comprennent pas que c’est une maladie. C’est vrai, c’est censé être tellement naturel de manger…
    Aujourd’hui, j’ai repris mes 6kg perdus avec l’anorexie et tout le monde me croit guéri car mon corps a repris une allure normale, 50 kg pour 1m67. Comme avant. Mais je n’ai toujours pas ce rapport sain à la nourriture. Chaque repas est une culpabilité.
    Merci pour ton blog et ton compte Instagram, qui me donnent beaucoup d’espoir.

  24. Emilie Ferru dit :

    Très beau témoignage bien qu’assez poignant. Mais, j’ai un peu honte de dire ça, je me retrouve tellement dans ça que je ne réussis pas à etre triste. Bien sur je le devrais, mais peut etre car moi non plus, je ne suis pas tout à fait remise de mon passé et des actes que j’ai choisi de faire subir à mon corps il n’y a pas tant d’années que ça. C’est triste de voir qu’une enfance peut etre gachée aussi vite. C’est moche de savoir qu’on ne peut pas revenir en arrière et que notre passé nous suivra toujours.Et, ça rend encore plus malade de se rendre compte de tout ce dont on a fait subir au corps, actuellement en en payant les conséquences et enchainant les rendez vous médicaux, les prises de médicaments, les blessures, les crises… Pour ce qui me concerne, j’ espère un jour réussir à écrire le livre que j’ai commencé à rédiger alors que j’étais encore en plein dans mes périodes de refus de nourritures/acharnement sur le chocolat et les Princes de Lu/envie de me faire vomir/refus de l’aide des autres, etc.

    Alors j’ai trouvé, à travers les réseaux, le moyen de me reconstruire, aussi fou que cela puisse paraitre, car on y voit de tout !!! Les photos et l’envie d’écrire et de partager mes humeurs au quotidien me permettent bel et bien de me rendre compte d’où j’en suis. Dorénavant, à 28 ans passés, j’aime publier mes photos de repas sur mon compte Instagram Emilia_breakfastideas , et j’adore rédiger certaines de mes recettes fétiches (en français et en Espagnol vu que je vis à Salamanque actuellement) sur ma page Facebook Breakfastideas.
    Et puis, France, inutile de e dire que tu fais partie d’une de mes découvertes préférées, pour de multiples raisons.. Le sport, l’alimentation, ton caractère, ce que tu dégages à travers tes publications, ta choupette qui me fait tant rire et qui me donne l’espoir de pouvoir mettre au mon de un (ou plusieurs bébé), un jour, quand j’aurai retrouvée mon cycle menstruel.. En bref, une chose est sure, nous sommes nombreuses à avoir eu un passé moche et qui nous as fait mal, mais pour le futur, j’ai de l’espoir et je sais que le jour où j’aurai tout déballé sur le papier, où j’aurai remercier des gens comme toi, je sais que j’aurai gagné… Des bisous

  25. Marine dit :

    Bonjour France,

    Ce soir, je lis le témoignage de Camille après avoir passé des jours à l’éviter.
    Je trouve, comme toutes ici, qu’elle a eu beaucoup de courage de prendre la plume.
    J’aimerais moi aussi écrire, mettre des mots sur ces émotions destructrices et sur le voile de solitude qui les accompagne mais je laisse la page vierge aux autres..pour l’instant peut-être.

    Mais j’ai beau relire ces maux et me reconnaître dans sa souffrance, je ne saisis pas en quoi vous trouvez que ces témoignages peuvent nous aider. Savoir que les autres souffrent des mêmes troubles que moi ne me rend pas plus légère et lire que certaines parviennent à guérir tandis que je lutte inexorablement ne me soulage point. J’y trouve même l’esquisse d’une culpabilité certaine qui renforce mon isolement.

    Je ne trouve pas la clef pour guérir et finalement, lire que je ne suis pas la seule à souffrir rend ma douleur un peu moins aiguë dans la mesure où elle la banalise en la généralisant. Lorsque j’inonde les toilettes de mes larmes, je me sens terriblement seule et le poids de l’existence d’une communauté de souffrantes ne rend pas mes crises moins violentes.

    Peut-être n’ai je point encore atteint le pic de cette montagne qui me permettra de me penser sur le chemin de la guérison comme vous…un jour qui sait.

    Merci d’élaborer cet espace de discussion néanmoins.

    1. France Tronel dit :

      Si lire qu’il y a des solutions et des possibilités et se sortir de tout ca ne vous donne pas l’espoir et l’envie .. en plus de donner des pistes .. alors … a priori ça aide la majorité alors c’est L’essentiel 🙂 tout le monde ‘est pas prêt à se confronter à ce miroir en effet.

  26. Lucie dit :

    « je n’étais qu’un parasite », tout est dit… :,(
    Camille a passé 15ans de sa vie à vouloir se détruire, elle n’a pas complètement réussi, par contre, j’espère qu’elle excellera dans sa reconstruction !

  27. Elodie dit :

    Témoignage poignant, j’espère que tu réussis petit à petit à te reconstruire, et les gens autour de toi (ta famille) savent il ce que tu endures ? Ne baisse pas les bras, tu es sûre le bon chemin, vouloir guérir c’est déjà la moitié du boulot de fais.

  28. Séverine dit :

    Je te souhaite d’atteindre tes objectifs. C’est clair que c’est compliqué de se défaire de l’ambiance familiale mais tu as fais ce qu’il fallait. Prendre le taureau par les cornes comme tu dis, c’est déjà régler 50% du problème ( c’est mon avis) . Tout le monde mérite une vie saine et pleine de bonheur. Continue ainsi 🙂 tu y arriveras!

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