Comment j'ai changé de vie

Troubles alimentaires et nourriture émotionnelle FAQ

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur les troubles alimentaires que vous trouverez par ici.

Mais je trouvais intéressant de revenir aujourd’hui avec un article traitant de vos questions sur ce sujet, très (trop) peu abordé.

Vous m’avez donc posé vos questions sur Instagram, voici celles qui sont revenues les plus souvent :

 

  • Pourquoi la nourriture rassure et apaise ?

Notre prise alimentaire est associée à divers phénomènes.

La prise alimentaire induit la sécrétion de dopamine qui est aussi appelée « hormone du plaisir ». L’envie d’un aliment ou d’un plat entraîne l’interaction du désir et de l’appréciation. Une fois votre repas mangé réellement, vous ressentez un sentiment d’apaisement et de plénitude : c’est le système de récompense.

Autre chose importante : Si les nouveaux nés ressentent le besoin physiologique de manger (inné), ce qui explique qu’ils régulent sans problème eux même leur prise alimentaire (faim / satiété), il y a ensuite une forte variable « d’acquis« .

Autrement dit : plus les années passent plus notre façon de manger dépend ce que que l’on nous a appris. Je m’explique : Si enfant, on vous donne systématiquement un bonbon ou un gâteau (ou autre chose) lorsque vous tombez / vous êtes en colère / vous êtes triste etc, ce mécanisme s’ancre petit à petit. Votre cerveau apprend que la nourriture est source de bien être et d’apaisement, rapidement et (relativement) facilement accessible. Petit à petit, ce « chemin » va s’ancrer et vous allez peu à peu déclencher cette « stratégie » à chaque fois que vous allez ressentir du stress, de la contrariété, de l’ennui, de la solitude …

C’est LA raison pour laquelle nous essayons à la maison de laisser Camille libre niveau nourriture. Libre dans le sens libre de ses quantités (les enfants connaissent et ressentent leurs besoins) et pour laquelle aussi nous « fuyons » la « récompense » ou le « réconfort » avec la nourriture. Parce que j’ai eu ce schéma de nourriture récompense / réconfort avec la nourriture pendant des années et que je sais malheureusement combien il est difficile de s’en extirper ensuite.

 

  • Quand peut-on dire qu’on a des troubles alimentaires ? 

Cette question est très intéressante. La réponse, un peu moins « facile ». La définition du trouble alimentaire est assez « trouble » et surtout il y a divers degrés de troubles alimentaires. A mon sens, le rapport à l’alimentation est contrarié lorsqu’il devient source de questionnements, de stress, au quotidien. En d’autres termes : lorsque le rapport à l’alimentation n’est plus serein, qu’il pose problème.

L’alimentation à la base, cela doit être simple, apaisé. Si ce n’est pas le cas, il faut se poser des questions. Cela ne veut pas dire que c’est forcément grave (pour utiliser vraiment le terme de « trouble du comportement alimentaire » il faut atteindre un degré plus important) mais qu’il est nécessaire à mon sens, de se questionner et de faire en sorte d’apaiser tout cela.

Ensuite le mot « trouble alimentaire » sera posé par un médecin ou un psychologue la plupart du temps.

Mais j’ai envie de dire : l’important ce n’est pas forcément le terme posé mais comment vous vous sentez finalement par rapport à tout cela.

 

  • Comment faire quand on a identifié le problème mais qu’on n’arrive pas à le résoudre ?

Se faire aider, tout simplement. Cela peut paraître être une réponse « bateau » mais c’est pourtant la seule solution. Le fait d’avoir identifié le problème est déjà un grand pas en avant en revanche, le premier pas essentiel vers le mieux.

  • Comment faire pour manger selon ses besoins et non selon ses envies / pulsions ?

En travaillant sur ses sensations alimentaires ET son rapport à l’alimentation. En coaching je propose déjà d’apprendre à dissocier faim et envie de manger (cela peut paraître évident mais cela ne l’est pas toujours !). Puis de travailler ensuite sur les deux aspects : Si c’est de la faim, quelle quantité ? Quel est mon besoin ?  / Si c’est de l’envie de manger : Comment gérer cette envie ? (autrement que par la nourriture)

  • Comment s’en sortir ?

Encore une fois : en se faisant aider. Ensuite, il n’y a pas de « méthode miracle ». Cela va dépendre du « pourquoi » de cette nourriture émotionnelle (un choc traumatique, un stress, une habitude dans l’enfance, …) et surtout de la personne en question (certaines vont se tourner plus aisément vers une psychothérapie, d’autres seront plus sensibles à des méthodes comme l’hypnose ou la sophrologie, d’autres encore par l’acupuncture…). J’ai appris au fil des années à exercer en coaching et en sophrologie qu’en termes de troubles alimentaires il n’y avait pas vraiment de règles, chaque personne a son histoire, son corps, et sa voie de guérison. Pour moi, la guérison des troubles alimentaires est bien plus qu’un travail « physique », c’est un réel travail sur soi, dans les profondeurs de son être, un travail qui nécessite patience et remise en question mais qui est extrêmement riche.

 

  • Quand j’ai mal dormi j’ai tendance à vouloir manger gras et sucré, physiologique ou pas ?

Et oui, il y a des études qui ont été faites sur le sujet : le manque de sommeil augmente en moyenne l’apport calorique sur la journée de 300 calories.

Il y a plusieurs raisons : la principale est que le manque de sommeil entraîne une baisse de la sécrétion de leptine qui permet de réguler la faim et la satiété.

D’autres études mettent en avant le cortex préfrontal, qui est impliqué dans la prise de décision, la gestion des émotions. Celui ci est affecté par le manque de sommeil.

Bref, dormir plus (et mieux), cela permet clairement de réduire les envies de manger, oui !

 

  • Comment en parler ?

Simplement. Il n’y a pas de honte à souffrir de troubles alimentaires. En France, c’est peu connu (surtout lorsque l’on aborde l’hyperphagie et la boulimie) et comme tout ce qui est peu connu, c’est souvent un peu tabou. D’ailleurs en France, c’est un peu le problème avec toutes les maladies « mentales » y compris la dépression. On les considère comme « honteuses », il faut les taire. Alors que ce n’est pas différent et surtout pas plus honteux que de souffrir d’une otite, d’une bronchite ou d’un kyste.

Encore une fois, il n’y a pas de honte, aucune.

Un rapport contrarié à l’alimentation ou un trouble alimentaire est le révélateur d’autre chose, si vous voulez ce n’est pas la cause du problème mais la conséquence. Libérer la parole, s’entourer des bonnes personnes et saisir les mains qui se tendent à vous pour avancer sont les moyens pour avancer.

  • Comment reprendre le sport après les TCA ?

Idéalement .. (encore une fois), en se faisant accompagner. Mais de toutes façons, de façon très progressive (comme après tout arrêt du sport, qu’elle que soit la raison en fait)

  • Comment savoir quand on mange trop ou pas assez ?

En (ré) apprenant à se focaliser sur les besoins de son corps. C’est quelque chose qui est très naturel chez le nouveau né, d’ailleurs si vous êtes maman, on vous demandera d’allaiter votre enfant « à la demande », c’est donc que l’on considère qu’un nouveau né, dès ses premières heures de vie (à condition qu’il soit en bonne santé) est complètement capable de gérer ses sensations de faim et de satiété. Cependant, nous perdons cette capacité avec le temps. Pourquoi ? L’environnement familial, culturel, la mauvaise gestion des émotions, bref, une multitude de facteurs qui font que nous mangeons trop, plus, pour les mauvaises raisons et qui font que la faim / la satiété ne sont plus du tout naturelles.

L’objectif ? Retrouver ce rapport à l’alimentation du petit enfant, et réapprendre à se faire confiance et à faire confiance à son corps (pas une mince affaire)

 

  • Comment savoir si une prise de poids est émotionnelle ?

En se posant les bonnes questions : est ce qu’il y a eu un événement particulier ? Est ce que j’ai mangé plus gras / sucré / plus en quantité ? Est ce que j’ai eu des envies de nourriture alors que cela ne m’arrive pas d’habitude ? Est ce que j’ai été plus attiré par le sucre ou un aliment en particulier ? Est ce que j’ai été plus soumis au stress / à la pression / … ?

Le fait de réfléchir sur le « pourquoi » aide beaucoup.  Faire le point : OK j’ai pris 5 kilos, qu’est ce qui a changé ? En étant tout à fait honnête en transparent avec soi même (c’est souvent le plus difficile).

  • Comment aider un proche ? 

Je crois que la principale manière de faire est d’être à l’écoute, sans jugement. Et d’orienter vers une personne extérieure. L’entourage peut accompagner, mais il est difficile pour lui de trouver les clefs, tout simplement parce que l’implication émotionnelle est trop forte.

  • La gestion des relations amoureuses lorsque l’on souffre de TCA : 

Là encore je pense que les situations varient … Mais ce qui est récurrent en revanche c’est les conflits liés à la mauvaise image / estime de soi. Je m’explique : lorsqu’on ne s’aime pas, lorsque l’on déteste viscéralement son corps et qu’on le maltraite, on a du mal à comprendre qu’une personne l’aime et puisse nous aimer. Si vous voulez, on ne pense pas mériter cet amour. Cela entraîne donc de nombreux conflits (jalousie, problèmes dans le rapport à l’autre, les relations intimes…). Je crois que le dialogue est là encore essentiel, ne pas taire, ne pas cacher, ne pas avoir honte, mais ne pas non plus attendre de l’autre qu’il nous « sauve ». Il faut accepter de travailler de son côté, sur soi, pour accepter ensuite l’amour que l’autre nous porte. Mais dans tous les cas, le dialogue est la clef. Il permettra à l’autre aussi de mieux comprendre la problématique, de comprendre peut être pourquoi vous êtes plus stressé / agressif dans telle ou telle situation etc.

  • Peut on sortir des TCA de manière définitive ?

Oui, j’ai plusieurs exemples autour de moi, et j’en suis moi même l’exemple. Je ne vais pas vous vendre « du rêve » par contre, ni quelque chose de magique. C’est long, très long. Et surtout, comme je vous le disais plus haut, cela nécessite un GROS travail sur soi. J’ai beaucoup de personnes qui me contactent en coaching ou en séance de sophrologie et qui me disent « Ok donc tu coup dans un mois, c’est réglé ? « . Non, dans un mois, ce n’est pas réglé. Comme je vous le disais, ni moi, ni personne n’a de pouvoir magique. C’est un travail au quotidien pendant des années. Je sais, ce n’est pas très vendeur. Pour moi la guérison des troubles alimentaires tient à l’apaisement avec soi même. Le fait d’être en phase, d’apaiser ce qui s’est passé ou se passe à l’intérieur de nous, avoir les clefs pour gérer ses émotions, etc. La chose positive, je trouve dans tout ça, c’est que la solution est en nous, en chacun. Bien sûr les thérapeutes, les médecins, donnent des clefs, mais le travail à faire, les efforts, les remises en question, c’est en vous, au creux de vous. C’est à la fois très difficile de se dire que l’on est responsable de tout ça, mais c’est aussi être au cœur d’un grand pouvoir. Croyez en vous.

  • Comment ne plus « craquer » ? 

Je crois qu’il y a deux pistes à évoquer :

La première si les « craquages » comme tu les appelles sont le résultat d’une frustration (à savoir « je ne m’autorise pas certains aliments au quotidien donc dès que je les ai à portée de main j’en mange en excès, par exemple) : dans ce cas il faut vraiment travailler sur ses croyances alimentaires (notamment sur les « bons » et « mauvais » aliments, ce qui est « autorisé » ou « interdit »)

La seconde si les « craquages » sont le résultat d’une problématique purement émotionnelle : je suis stressée je mange, je me sens seule je mange, … Dans ce cas l’objectif est de travailler sur la cause (à savoir la gestion émotionnelle)

  • Comment gérer les troubles alimentaires enceinte ? 

Alors ça c’est une problématique un peu particulière : surtout, fais toi accompagner. La grossesse est une période très particulière qui peut être vraiment déroutante. Ce n’est pas honteux de ne pas être toujours 100% heureuse et épanouie enceinte (même si c’est tabou encore une fois). Cela remue beaucoup de choses, et on est aussi beaucoup plus instable émotionnellement, ce qui laisse la porte ouverte à ce type de problématique (pas toujours, parfois c’est une période d’accalmie !). Dans tous les cas si tu en ressens le besoin, si tu sens que cela dérape, n’hésite pas à en parler aux personnes qui suivent ta grossesse et qui t’orienteront au mieux 🙂

 

  • Des ouvrages à conseiller sur le sujet ?

Un petit échantillon :

  1.  » gérer vos émotions, perdez du poids »
  2.  »  dites non à l’alimentation de consolation »
  3.  » je mange donc je suis »
  4.  » lorsque manger remplace aimer »
  5.  » les toxicos de la bouffe »

 

Voilà les réponses aux questions les plus récurrentes (j’en ai reçu + de 600, mais celles ci sont vraiment celles qui sont revenues le plus souvent). Encore une fois, ce sujet est trop tu à mon sens. Ce qui le rend encore plus douloureux pour les personnes qui sont concernées. Lire, écrire, montrer que cela existe, c’est surtout donner l’espace aux personnes qui en souffrent de se sentir moins seules, parce que oui, malheureusement, c’est (trop) courant.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à me laisser vos petits mots ci dessous,

 

8 commentaires sur "Troubles alimentaires et nourriture émotionnelle FAQ"

  1. Delphine Estirac dit :

    Merci pour cet article ou je me reconnais +++ Tes mots me font du bien.

  2. Ivy C. dit :

    Merci France pour ce bel article encore une fois. Il ne m’a pas appris grand chose mais je vais le faire lire en revanche ☺️ Et aller jeter un œil aux lectures recommandées. Merci de montrer que Cela existe, que cela n’est pas honteux, pour faire prendre conscience à toutes les personnes concernées qu’elles existent et ont de la valeur. Ainsi qu un grand pouvoir en elles. Continue de diffuser de la bienveillance autour de toi, ça fait tellement de bien à tant de gens moi y compris

  3. ben dit :

    Super site que je viens de découvrir. C’est en partie grâce aux personnes comme toi que j’ai pu apaiser mes relations avec la nourriture et ainsi retrouver des « bases saines ». Alors merci pour tout tes articles et continues comme ca 😉

  4. Alexandra dit :

    Bonjour France,
    Cet article regorge d’infos et je suis aussi toute contente de voir ma question dedans
    Quand j’ai mal dormi, mes bonnes habitudes alimentaires passent à la trappe et je me jette sur tout ce qui est gras et sucré! Bon quand c’est une journée isolée c’est pas grave mais quand c’est plusieurs jours de suite, j’ai beaucoup de mal à manger normalement (par là j’entends varié et équilibré). Et je ne sais pas trop comment palier à ces envies de sucré et de gras.
    Ces mauvaises nuits sont le résultat de 2 petites têtes blondes qui parfois font des cauchemars ou sont maladous. Rien de dramatique ni d’anormal mais mes journées sont parfois rudes du coup
    Faudrait que j’essaie les fruits secs en cas de coup de pompe, peut-être que ça pourrait m’aider lors de courtes nuits!
    Beau dimanche

  5. Mess dit :

    Super article
    Je me reconnais à 100%
    J’ai replongé alors que ça m avait passé
    Je prend note de tes conseils lecture

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