L'hyperphagie, qu'est ce que c'est ? - Comment j'ai changé de vie

L’hyperphagie, qu’est ce que c’est ?

Depuis que je fais du coaching ( 2 ans maintenant, le temps file), je suis confrontée au quotidien aux troubles du comportement alimentaire. J’ai déjà abordé le sujet il y a quelques temps dans cet article.

Aujourd’hui, je voulais revenir plus précisément sur un mal récurrent, et pourtant mal connu (et très peu abordé) : l’hyperphagie. 

En effet, lorsque l’on aborde les troubles du comportement alimentaire, on pense souvent (et très rapidement) à l’anorexie, puis à la boulimie. L’hyperphagie est plus méconnue, mal comprise et pourtant très répandue. Alors l’hyperphagie, qu’est ce que c’est ?

Elle se caractérise par des prises alimentaires compulsives, qui ont pour caractéristiques une absorption rapide et excessive d’aliments sans « liens logiques» entre eux. Pendant une crise le malade peut ingurgiter du chocolat, des chips, du pain, des pâtes, de la pâte à tartiner, du fromage, tout cela sans lien logique ni envie.

L’envie est un critère important : Le malade a besoin de se remplir et pour cela tout est bon (ou presque), il n’a pas envie d’un aliment en particulier (comme on pourrait avoir envie de chocolat par exemple) mais ressent un besoin irrépressible de se remplir, généralement pour soulager (illusoirement) une souffrance.

Contrairement à la boulimie qui intègre des techniques « compensatoires » pour limiter la prise de poids (vomissements, jeun intermittent, mâcher / recracher, sport à outrance, laxatif), l’hyperphagie se limite aux crises. Ces crises ont pour conséquences une prise de poids (importante souvent) mais aussi et surtout un processus de dégoût de soi même, de dévalorisation, de perte de confiance en soi et de perte de « repères » alimentaires. Le malade n’a plus de notions de quantités et de sensations alimentaires (faim / satiété) puisqu’il alterne très souvent les périodes de restrictions et les périodes de crises.

L’hyperphagie est relativement répandue. Pour autant les degrés sont très divers. D’une crise par semaine (voire moins), à plusieurs crises par jour.

Le « public » visé est majoritairement féminin et jeune (15-25 ans) mais, depuis 2 ans je suis confrontée à des personnes chez qui le trouble est persistant [ en effet, ce n’est pas parce que l’on passe la  » catégorie d’âge théorique » que le trouble s’estompe ou disparaît, évidemment, ce n’est pas aussi simple ! ]. L’hyperphagie est aussi le trouble alimentaire qui touche le plus les hommes (30% des cas en moyenne contre 5/7% pour l’anorexie mentale par exemple).

Hyperphagie et amalgames : Il faut dissocier l’hyperphagie de différents autres comportements alimentaires.

  • Dans un premier temps : le grignotage compulsif. Contrairement à l’hyperphagie, le grignotage (même s’il est d’origine compulsive ie émotionnelle / doudou) se caractérise par de plutôt petites quantités ingérées. Une crise d’hyperphagie quant à elle peut regrouper par exemple 1L de coca cola, des tartines de pâte à tartiner, des céréales, des yaourts, un paquet de biscuits,… Tout cela dans un laps de temps court.
  • Dans un second temps le « trop manger ». Souvent on associe l’hyperphagie au fait de manger trop. Ce n’est pas tout à fait juste. En coaching je dissocie le « trop manger » au moment des repas par exemple (la tendance à se resservir ou à aimer beaucoup manger), et les crises qui sont d’origine compulsive, très souvent hors des repas, et sans lien logique.
  • Dans un dernier temps : la boulimie. Même si, comme je le dis plus haut, ces pratiques peuvent sembler similaires, elles se distinguent toutefois par la pratique (ou non) de stratégies compensatoires pour limiter la prise de poids.

Qu’est ce qui provoque les crises ? 

Je pense qu’il est important de mettre le doigt là dessus afin de tenter de solutionner le problème. En 2 ans, j’ai pu constater que les causes pouvaient se regrouper très souvent en 2 catégories.

  • Le résultat d’une frustration. C’est très souvent le cas lorsque la personne a connu par exemple de très nombreux régimes restrictifs qui ont suscité de la frustration et une envie incontrolable de nourriture.
  • Une nourriture émotionnelle / doudou : De façon très courante, le malade se tourne vers la nourriture pour y trouver du réconfort. Très souvent cette pratique est inconsciente. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques de la maladie. Les principaux « vecteurs » de crises sont le stress, la solitude, la tristesse, voire même l’ennui / l’inactivité. Parfois cela a une cause « connue » et « logique » (une séparation, un décès brutal, la perte d’un emploi ..) mais cela n’est pas forcément le cas. Souvent il faut chercher la cause plus profondément, dans l’histoire familiale, dans la vision de soi même, de son corps, dans son rapport aux autres. C’est ce qui rend le « traitement » de l’hyperphagie (ainsi que des autres troubles alimentaires), compliqué.
  • Bien sur, parfois cela peut être un mélange des deux facteurs précédents !

Le traitement ?

Comme je le dis plus haut : il n’y a pas de cause universelle et donc malheureusement pas de traitement universel. On ne soulage pas l’hyperphagie comme on soulage des maux de tête en prenant du paracétamol (ce serait trop simple …). Il y a autant de cas / causes, que de malades, ce qui rend la chose complexe. Une chose est sure et le principal conseil que je puisse vous donner : vous faire aider.

Je ne crois pas au fait que l’on puisse sortir des troubles alimentaires seul(e), et plus cela est pris tôt, plus cela est « facile ». Ensuite, c’est un peu comme vous le sentez : psychothérapies, coach, hypnothérapeutes, EMDR, acupuncture … il y a diverses approches, différents thérapeutes. En sachant que la première fois ne sera peut être pas forcément la bonne. Je ne peux que vous conseiller de continuer, de persévérer, de vous battre.

Malheureusement le chemin vers la guérison des troubles du comportement alimentaire est long, souvent difficile, semé d’embûches, mais promis, il en vaut la peine !

 

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