Pourquoi a-t'on besoin de se comparer aux autres ? - Comment j'ai changé de vie

Pourquoi a-t’on besoin de se comparer aux autres ?

Cela fait un moment que je pense à cet article (et que je réfléchis à cette question des « autres » en général. Ou plus exactement du poids des autres). Cependant, je ne trouve jamais le bon angle pour l’aborder. En fait je suis perpétuellement insatisfaite de ma façon de traiter le sujet.

Alors, pour la n-ième fois je me lance, en espérant que cette fois ci sera la bonne.

En fait cette idée d’article m’est venue alors que j’ai reçu par mail une étude faite par mon école sur « l’insertion professionnelle des jeunes diplômés ». Et là, par curiosité j’ai lu, j’ai lu et je me suis comparée. Je me suis comparée aux autres donc. Travail, rémunération, heures par semaine, secteur d’activité. Tout y est passé, ou presque.

Donc je me suis comparée aux autres et là ma confiance en moi en a pris un sacré coup. Tout simplement parce que je ne rentrais pas dans les cases du « jeune diplômé d’école de commerce moyen « . Dans le secteur d’activité, dans la rémunération moyenne ou encore dans le nombre de personnes employées par l’entreprise.

Du coup mon cœur et mon ventre se sont serrés et je me suis sentie comme le vilain petit canard, vous savez celui-là :

En fait je me suis littéralement sentie super mal.  Psychologiquement au 36 ème dessous (enfin c’est quoi le nom d’en dessous le 36 ème dessous ?)et physiquement. Sueurs froides, maux de ventre terribles. Nausées. Bref J’ai paniqué, j’ai eu peur et puis j’ai pleuré.Je me suis demandée 28 000 fois en l’espace de 30 secondes si je n’allais pas abdiquer, tout arrêter, laisser tomber. J’ai eu peur encore. J’ai douté. Une fois, deux fois, MILLE FOIS. De tout et de rien. Tout ça toujours dans le même espace temps de 30 secondes. Je vous assure, cela peut être TRÈS long.

Et puis j’ai fermé le fichier PDF et j’ai respiré profondément. Ok, on se calme. Je ne rentre peut être pas dans les cases, mais est ce que pour autant les autres sont plus heureux que moi ou plus épanouis ? Est ce qu’ils font des choses plus intéressantes ? Ou encore est-ce pour cela que je suis quelqu’un de moins bien ?

Toutes ces questions je me les suis posées et j’en suis venue à la conclusion que non. Que l’on choisissait tous une voie, parfois une plus commune que les autres mais est ce pour cela que l’on peut se considérer mieux ou moins bien que les autres ? { Je parle ici de vie professionnelle mais je pense que ce raisonnement est transposable à énormément de situations}.

Non je crois qu’en fait c’est juste DIFFÉRENT.

Le psychologue social Leon Festinger a écrit là dessus et il appelle cela la « comparaison sociale« . C’est tout à fait ça. Je pense (malheureusement) que tout être humain ressent naturellement le besoin de se comparer aux autres. Alors pourquoi a-t’on besoin de se comparer ? Pour se motiver, pour se transcender, pour se valoriser, pour se rassurer. Ou peut être un peu tout cela à la fois.

Et pourquoi malheureusement ? Parce que je ne suis pas sure que cela rende heureux et que cela pousse forcément à être meilleur. Alors je suis sure que l’on va me rétorquer « la compétition, l’émulation, ça pousse à être meilleur ». Oui, peut être. Mais pourquoi il faudrait toujours être meilleur que quelqu’un d’autre ? Pourquoi il faudrait écraser les autres pour se sentir exister ?

Je crois que c’est exactement ce que j’aime dans la course à pied (oui j’en reviens toujours à la même chose, pardon. Mais je crois que l’exemple est parlant).

La seule personne de qui on cherche à être meilleur c’est soi même (et c’est déjà énorme !) Surpasser sa douleur, exploser son record personnel, donner le meilleur de soi même. Pour moi c’est cela l’important. Si les autres courent plus vite que moi ou plus longtemps, tant mieux pour eux, à condition que j’ai eu vraiment l’impression de donner le meilleur de moi même et de me surpasser. Dans le cas contraire je m’en veux à moi et à moi seule. Je n’ai aucune animosité ou rancœur envers les autres « concurrents ». Ce qui était le cas dans mes anciens sports, tennis, judo ou à chaque combat / match il fallait un gagnant et un perdant … Si tu ne voulais pas être dans la deuxième catégorie il fallait écraser l’autre et souvent cela me rendait méchante, agressive, pas vraiment moi. Je ne me reconnaissais pas dans ces moments là et c’est d’ailleurs ce qui m’a poussée à arrêter. Oui j’ai l’impression que se comparer aux autres conduit au ressentiment, et c’est bien dommage.

C’est dommage parce que je suis convaincue que nous sommes tous uniques et que nous avons tous notre place, tous quelque chose à apporter.

Ma grand mère me disait « chaque pot a son couvercle ». Bon dans sa tête c’était dans le cadre d’une relation amoureuse, mais cette expression peut, je crois, être généralisée à la vie entière. Chacun a une place différente. Parfois cette place sera dans un travail « bien comme il faut », parfois ce sera dans quelque chose de totalement atypique.

Et j’ai envie de dire, ET ALORS ?

 

Alors, en résumé, pourquoi je suis intimement persuadée que se comparer aux autres est stérile ?

Parce que l’on est tous différents ET que l’on a tous notre place. Chaque individu est unique et c’est justement ça qui est chouette et riche. Nous n’avons pas tous le même vécu, la même expérience, les mêmes compétences, les mêmes qualités et les mêmes défauts. Il faut donc accepter que l’on ne peut pas forcément réussir de la même façon dans le même domaine. Et puis réussir cela veut dire quoi en fait ? Si vous commencez la course à pied il est évident que vous allez courir moins longtemps et moins vite qu’un personne qui a fait plusieurs marathons. Si l’anglais est votre langue maternelle il est normal que vous le parliez mieux que les personnes qui ont (tenté de) l’apprendre à l’école. Si vous avez commencé le tennis à 3 ans et que vos parents sont prof il est très probable que vous ayez plus d’aisance qu’un enfant « lambda ». De même si vous avez 3 enfants en bas âge il est logique que vous ayez moins de temps à consacrer au sport qu’un étudiant etc etc.

– Parce que se comparer aux autres rend agressif / haineux / jaloux. Et que ça, c’est pas cool.

– Parce que ce n’est pas parce que vous avez plus qu’untel ou que vous êtes meilleur que lui que vous êtes plus heureux. Depuis quelques temps j’essaye de me demander « qu’est ce qui me rend heureuse », « qu’est ce qui me fait vivre ? » plutôt que de me demander « qu’est qu’il faudrait que je fasse pour plaire à untel ou untel » ou « est ce que je suis meilleure qu’elle ou lui ». C’est dur, c’est une véritable rééducation parce que cela oblige à déconstruire ce que l’on a souvent mis des années à intégrer. On l’a d’ailleurs tellement intégré que pour nous c’est un fonctionnement normal ! Parce que depuis enfant on a des notes à l’école, un classement au cross du collège ou du lycée, on a les « félicitations » du conseil de classe ou les « avertissements » etc…

Et si on apprenait à penser différemment, à être différent ? si on arrêtait de se comparer aux autres et que l’on se concentrait sur nous, nos projets, nos envies. Sur le fait de donner le meilleur de soit même.tout simplement. 

Voilà mon objectif actuel : Etre meilleure, mais être meilleure qu’une seule personne : la personne que j’étais hier.Donner le meilleur de moi même, mettre mon cœur et mes tripes sur la table, me surpasser, être quelqu’un de bien, être fière de moi.

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