Comment j'ai changé de vie

Burn out

Aujourd’hui, je souhaitais aborder sur le blog un sujet que j’ai effleuré dans cet article  dans lequel je vous parlais de réorientation professionnelle

Pourquoi je ne l’ai pas plus évoqué ? Ou plus tôt ? Peut être parce que j’avais l’impression d’être une exception, surement parce que j’en avais un peu honte. Et puis, les mois ont passé et j’ai réalisé combien le mal être au travail que j’avais ressenti était malheureusement monnaie courante, dans toutes les tranches d’âge et dans tous les secteurs d’activité (du moins, dans le panel que j’ai l’occasion de connaitre et de côtoyer).

Alors aujourd’hui, je me livre à coeur ouvert, si ce témoignage trouve écho en vous, et vous donne, peut être une lueur d’espoir, alors j’aurai tout gagné,

Bonne lecture et à très vite en commentaire, ici ou sur les réseaux, 

France

Je me souviens, c’était un soir d’Octobre, il faisait déjà presque nuit, je rentrais de ma séance de course à pied quotidienne. J’avais raté un appel sur mon portable. S’il y a bien quelque chose qui n’a pas changé en 6 ans, c’est que je cours toujours sans téléphone. La course à pied, c’est la déconnexion, la vraie. Le téléphone fixe sonne. Personne ou presque n’a ce numéro, et les personnes qui l’ont ne l’utilisent jamais. Je cours décrocher.

Bonsoir, c’est …. de l’entreprise X. Bonsoir. Mon coeur s’accélère à ce moment là, j’ai passé les entretiens il y a une dizaine de jours à peine, j’étais au milieu d’une vingtaine de candidats, je le sais c’est une grosse entreprise, exigeante, il y a très peu de places, 1 ou 2, max. Ce coup de téléphone, c’était forcément une bonne nouvelle. S’il y a bien quelque chose que j’avais apprise lors de mes quelques semaines de recherche d’emploi c’est que les gens ne prennent pas vraiment la peine de t’appeler pour t’annoncer qu’ils zappent ton CV.

” Vous commencez lundi”. Nous sommes jeudi. Lundi, lundi dans 4 jours ? Lundi dans 4 jours. Je contiens ma joie. Puis explose après avoir raccroché.

J’ai un JOB, J’AI UN JOB !

On venait d’aménager, j’étais prête à tout pour bosser. J’avais mis mon CV dans toutes les agences d’intérim, postulé à une cinquantaine d’annonces et voilà que je signe un CDD dans une grosse entreprise du secteur bancaire. J’étais heureuse. Je fais la surprise à mon mari d’un repas et je lui annonce la nouvelle. A ce moment là il n’est pas si enthousiaste que moi. ” ne te précipite pas”, “tu es sûre ?”. Cela me vexe un peu. Sur le coup, j’avais l’impression qu’il n’était pas heureux pour moi. Avec le recul je réalise qu’en réalité il a été beaucoup plus clairvoyant que moi sur ce qui m’attendait et surtout sur qui j’étais vraiment et ce à quoi j’aspirais.

Moi à ce moment là je ne voyais que le contrat : la légitimité sociale et le salaire sécurisant à la fin du mois.

C’est un CDD, à moi de faire mes preuves. 

 

Je commence donc avec une énorme volonté de bien faire. Je ne compte pas mes heures. Nous sommes 2 pour une agence dans laquelle ils étaient quelques mois avant 3 et demi (le demi n’étant pas une demie personne mais un temps partiel). Je ne prends pas de pause déjeuner, j’arrive plus tôt le matin, je rentre plus tard le soir. J’aime ce que je fais, c’est la découverte. J’apprends vite, j’ai de plus en plus de responsabilités, et le stress qui va avec. C’est une petite agence bancaire alors je suis plongée dans le bain : il faut savoir tout faire, tout gérer, répondre à toutes les demandes. Nous sommes 2, et, malgré la bienveillance du responsable d’agence je suis donc souvent livrée à moi même. La première prolongation de contrat tombe, puis la seconde. Mes premières évaluations sont bonnes, excellentes même. Je suis “un espoir”, une “pépite”. Je suis flattée et cela me donne des ailes, et l’envie de donner encore plus. J’arrive vers 7h30 le matin, pour repartir vers 19h30, sans pause déjeuner, du mardi au samedi. Les campagnes s’enchainent. Les challenges commerciaux aussi. Les challenges commerciaux, c’était mon point faible. En gros : une période donnée où il faut conseiller / vendre / refourguer (c’est selon votre façon de voir les choses) un produit donné à un client (un PEL ou un livret A par exemple). C’est la course à celui qui en conseillera / vendra / refourguera le plus. Je me souviendrais toujours de cette campagne. La campagne PEL. Mon chat de messagerie interne bipait toutes les 5 minutes. Chacun y inscrivait sa vente. +1 dans telle agence. +1 dans telle autre. ça défile de tous les côtés, les heures passent et mon compteur à moi est toujours bloqué à 0. Je sais qu’à la fin de cette campagne, sur 10 CDD nous ne seront plus que 5. Cela a été annoncé. C’est clair, net et précis. Je vois mes petits camarades, mes concurrents directs enchainer les ventes et la pression sur mes épaules augmenter. Mon supérieur m’appelle : vous en êtes à combien ? (silence). Zéro. Va falloir vous bouger. Je raccroche. L’impression d’être dos au mur. Alors je me mets en tête de propose un PEL à TOUTES les personnes qui rentreront dans l’agence. Même celles qui viennent pour retirer 20€, même celles pour qui ce n’est pas vraiment un conseil avisé. A ce moment là c’est terrible, mais je m’en fous, il en va de mon contrat, de mon job, alors je le fais. Je le fais mais très vite je suis mal à l’aise, très mal à l’aise. Je me souviens encore  être allée plusieurs fois pleurer dans les toilettes. Ou parler avec les clients avec la boule au ventre. Ce n’était pas juste. Ce soir là, je suis rentrée et j’ai pleuré, longtemps. J’avais atteint les objectifs pour mon agence. J’avais atteint mes objectifs perso. Je serai même probablement dans les 5 meilleurs sur les 10 CDD. J’allais probablement être gardée. Mais à quel prix ? Au prix de la confiance que des personnes avaient mise en moi. Cela a été un tournant. 

 

J’ai commencé à aller au travail la boule au ventre. Boule au ventre des objectifs, du stress de la hiérarchie, de la pression de la vente. Quels vont être les objectifs aujourd’hui ? Je savais qu’il fallait toujours faire mieux que le mois d’avant, que la semaine d’avant. Alors il fallait repousser ses limites. En terme de nombre d’heures, de fatigue et souvent d’éthique. Boule au ventre de revoir des clients insatisfaits (à juste titre). Vous l’aurez compris, je travaillais toujours plus, en aimant de moins en moins ce que je faisais. Je buvais beaucoup (trop) de cafés pour tenir le coup. Je courrais beaucoup parce que c’était ma seule soupape en fin de journée. Me lever le matin pour aller travailler était devenu un calvaire. J’avais mal au ventre, des malaises, des convulsions, je prenais le bus à reculons. J’étais en pilotage automatique. Je me souviens encore de chacun de mes gestes. Biper pour entrer dans l’agence, poser mon sac et me dépêcher pour aller désactiver l’alarme. Enlever ma veste, allumer mon ordinateur, aller me faire un café. Toujours dans le même ordre. Décrocher le téléphone et répéter inlassablement la même phrase apprise par coeur. J’étais devenue un robot. Je ne tirais plus aucune satisfaction de ce que je faisais la journée. Et le soir c’était la décompression. Les pleurs, les compulsions alimentaires qui n’en finissaient plus. Les kilos de nourriture ingurgités puis les vomissements, pour me punir. Et le reste, qui me paraissait insurmontable. Tout me paraissait insurmontable. Faire le repas, plier un tshirt, ranger un livre dans la bibliothèque. Et, au delà du fait que tout me semblait une montagne : je n’avais plus envie de rien. Plus envie de sortir, plus envie de décrocher les appels des amis et de la famille, plus envie d’aller au cinéma, ou même de lire. En rentrant je n’étais capable que d’une chose : m’affaler sur le canapé et zapper de chaine en chaine. Et le lendemain, cela recommencait, inlassablement. 

 

Et puis, un jour, il y a eu cette agression. Un client venu retirer de l’argent qu’il n’avait pas sur son compte. Des cris, des menaces, un couteau, ma main tremblotante pour essayer de déclencher l’alarme pour appeler la police. Cela a été un autre tournant. 5 ans plus tard, je me souviens encore de son nom, de son visage, des semaines de travail ensuite avec un chien de garde et un vigile devant l’agence, de mes vomissements d’angoisse plusieurs fois par jour, de mon poids en chute libre. Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraitre : je m’accrochais. J’avais refusé l’arrêt de travail du médecin du travail, j’étais en CDD, je n’avais pas le droit. Je lui avais d’ailleurs expliqué en ces termes ” je suis sur un siège éjectable, si je ne suis pas assez forte, je vais sauter”. Alors j’ai remballé mon stress, mes angoisses, mes doutes, le dégoût que j’éprouvais pour moi même et j’ai continué, continué. Tous les jours mon mari me disait “il faut que ça s’arrête”. Tous les jours je lui répétais que ce “serait différent lorsque je serais titularisée”. Je ne sais pas si je le pensais vraiment. Mais j’essayais d’y croire. Mais j’enchainais les CDD, et je ne voyais pas la titularisation venir. Mes petits copains non plus d’ailleurs. On se réconfortait en se disant qu’il fallait ” 18 mois à 2 ans”. C’est long. Et puis, un matin, je n’ai plus pu me lever. Littéralement. J’étais dans mon lit, et je pleurais. Mon mari était de garde la nuit qui précédait, il n’était pas encore rentré. Et moi je pleurais et j’étais clouée au lit. C’était un lundi, je ne travaillais pas, mais je n’avais pourtant la force de rien. Même pas de m’extraire de mon lit. J’ai pleuré la journée entière. Sans que personne ne puisse rien y faire. Le lendemain, j’avais rendez vous chez mon médecin. Mon mari m’a trainée de force. Burn out. J’ai avalé mes médicaments, déchiré mon arrêt de travail et je suis retournée travailler. Vous le savez, je NE POUVAIS PAS LACHER. Le soir, j’ai commis une erreur qui a mis fin à mon contrat (je vous épargne les détails). S’en sont suivies des semaines de procédures. La convocation à mon entretien préalable au licenciement, le – dit entretien duquel je suis ressortie soulagée. Je ne peux pas vous expliquer. SOULAGEE. Licenciée mais LIBRE. J’ai pleuré. J’ai pleuré de soulagement, mais aussi de dégoût. J’ai tout donné, je suis allée au bout de moi même, bien au delà en réalité, et à la première erreur je suis jetée comme une m****. J’ai pleuré d’épuisement. J’ai pleuré de peur. Qu’est ce que je vais faire maintenant ? 

 

Avec le recul, cela a été la meilleure des choses qui me soit arrivée. Avec le recul, je me dis que les choses n’arrivent pas par hasard. Cette erreur, elle était énorme. Ce geste, je l’avais répété des dizaines de fois, cette fois là encore je me revois le faire, je me revois le faire avec application, porter l’attention nécessaire, et pourtant, et pourtant. Je ne vais pas vous mentir : j’ai été effondrée, parce que la suite ne m’est pas apparue tout de suite comme une évidence. C’est rarement le cas d’ailleurs. Souvent il faut du temps, se laisser le temps de digérer et prendre de la hauteur. Souvent il faut s’autoriser à se poser des questions que l’on a toujours soigneusement évitées (croyez moi, j’étais experte en la matière). Se confronter à des choses qui font peur, et il n’y a rien qui fait plus peur que de se confronter à soi même. En tous cas pour moi. Pendant longtemps, rien ne m’a fait plus peur que de me retrouver seule, dans le silence. Parce que je savais que c’était des moments propices à l’introspection, et qu’il était hors de question que je me confronte à moi même, à qui j’étais réellement. Cette période difficile m’a poussée à regarder plus loin. J’ai fait une psychothérapie. J’ai rencontré aussi un peu par hasard via les réseaux sociaux une personne très bienveillante qui m’a beaucoup apporté en coaching. J’ai fait beaucoup d’hypnose et cela a aussi été le déclic pour la sophrologie. J’ai remis en question aussi ma vie personnelle. Est ce que je suis entourée des bonnes personnes ? Avec le bonne personne ? Et puis j’ai fait face avec LA question que je fuyais depuis des années : Qu’est ce que je veux faire dans ma vie ? ou plutôt qui j’ai envie d’être ? Qu’est ce que j’ai envie de partager ? Qu’est ce qui me fait vibrer ?

Bref, vous l’aurez compris, cet épisode difficile a été, comme tous ceux de ma vie, le moyen d’aller de l’avant. Cela n’a pas été évident au début. Les premiers jours j’avais clairement l’impression d’être noyée, tête sous l’eau. D’avoir tout raté. J’avais honte de moi, j’étais déçue des autres et puis en colère. Je crois que c’est cette déception et cette colère qui m’ont fait avancer finalement. Qui m’ont donné cette force de me dire : J’ai envie d’aller de l’avant. 

Je ne sais pas trop quel message j’ai envie de vous faire passer en vous écrivant tout cela (désolée pour la longueur de cet article d’ailleurs). En fait, si. Ce que vous considérez comme un point d’arrêt aujourd’hui, n’est peut être qu’un point de départ vers autre chose. Une autre chose que vous n’avez peut être jamais envisagée mais qui est pourtant là, tout près…

 

46 commentaires sur "Burn out"

  1. martine gabriel dit :

    oh merci pour ce joli et poignant témoignage j’ai 58 ans 30 ans de travail dans le même laboratoire qui vient d’être vendu.Je ne me fais pas d’illusions je ne colle pas dans les objectifs de la nouvelle direction et je suis sur un siège éjectable.Grace à toi je sais maintenant que ça peut être aussi du positif ,changer de vie,de boulot et/ou de région.Merci France

  2. Lydia NICOLOSO dit :

    Je me retrouve dans certaines lignes de ton article.
    Je réfléchis à la tournure de ma vie aujourd’hui.
    Merci France.

  3. Alex dit :

    Bonjour France,

    En lisant cet article, j’ai pleuré. Pourquoi ? J’ai pleuré car en lisant ton texte, j’ai eu l’impression que ce que tu décris exactement ce que je vis actuellement. En 2018, je venais de terminer mon Master en Banque et Assurance. A 23 ans, il était donc grand temps de trouver un travail. Je me suis orientée vers une grande enseigne bancaire où l’on m’a bien expliqué que j’avais 6 mois pour prouver de quoi j’étais capable et la titularisation serait à moi. J’ai tout donné! J’avais tout à apprendre donc j’ai commencé à venir tôt le matin et à finir tard le soir, à me prendre seulement 15 minutes pour manger car j’avais des tas de dossiers qui s’accumulaient. En plus de tout ça, je suis quelqu’un d’anxieuse et exigeante avec moi même donc la pression je savais me la mettre. Aujourd’hui je suis toujours dans la même situation. La seule nuance est que je suis titularisée mais à l’heure actuelle les chiffre ne suivent plus car je suis épuisée, je n’arrive plus à rien. Je ne dors plus, je n’ai plus le temps d’aller au sport, je pleurs pour un rien, etc.
    Aujourd’hui, je cherche à partir. Mais partir vers quoi ? Dans quoi ? …
    La boule au ventre je la connais, et la quasi-totalité des symptômes que tu évoques dans ton article. Je ne suis pas encore arriver au burn lit mais l’assistante sociale m’a bien dit : «  je ne te donne pas 6 mois à rester dans cette situation là. » C’est du à entendre mais je pense qu’elle a raison. En lisant ton article, je me rends compte qu’il est temps que je me reprenne en main, que je reprenne en main ma vie!
    Merci à toi France de partager tout ça. Tu es un modèle pour moi !

  4. Meggie dit :

    Très bel article comme toujours. Je pense aussi que certains événements négatifs et difficiles à vivre au final nous apportent énormément dans notre vie et nous permettent d’avancer.
    Merci d’avoir partagé cela avec nous,

  5. PATRICK dit :

    Bonjour France, merci pour ce partage. On se sent moins seul. Pour mon expérience, après un CDI de 33 ans ,ayant pris conscience de cet état de burn-out j’ai préféré démissionner, une sorte de fuite mais salutaire. Bonne vie à vous.

    1. France Tronel dit :

      Je ne crois pas que ce soit une fuite, plutôt un joli pas en avant 🙂

  6. Lorec dit :

    Bjr France,
    Tu viens de décrire ma vie (pas encore au brun out,je tiens, je relativise car en CDI sûrement). 20 ans que je fais le métier que tu décris mais je ne veux pas vendre à tout prix et du coup souvent ma hiérarchie ne s en satisfait pas (pression) 1 an que je suis directrice d agence et la pression est encore montée d un cran. 48 ans et pas l impression de pouvoir changer ça maintenant. Heureusement un mari d amour et de soutien et une fille tellement chouette.
    Ça résonne tt cela en moi et c est peut-être pour cela que je te suis car je ne suis pas du tout dans ton”cœur de cible ” mais j admire le parcours et la réflexion. J ai découvert la sophrologie qui m a ramené vers le yoga mais pour l instant c’est les seules avancées que je m imagine pour tenir et prendre soin de moi
    Bravo et merci
    Jennifer

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup Jennifer,
      Je te souhaite de prendre la ou les décision(s) qui sonnent juste 🙂

  7. Labaune dit :

    Merci pour ce témoignage ! J’ai vécu la même chose il y a un an, et je ne me suis toujours pas relevé, pas relancer dans quelque chose….
    Peux tu faire un article sur comment tu as construit ta reconversion ? Combien de temps, la formation etc ?
    Ça m’intéresserait énormément et me motiverait pour faire les choix qui s’imposent si je veux être heureuse

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup,
      Tout est dans l’article cité au début

  8. Laeti42 dit :

    Merci pour ce texte plein d’humanité et de vérité. Merci de nous ouvrir les yeux et de ta sincérité.

  9. Laeticia dit :

    ☆ MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI ☆

    Bonjour France,
    Merci pour se partage de votre expérience si détaillé.
    Je ne sais pas trop comment l’exprimer là maintenant, mais votre article, vos mots me chamboule en finissant de le lire. Je suis vraiment “secouée” comme on dit… car partagée entre la sensation de me dire GO vas y avant que… mais aussi ça m ouvre les yeux sur ce que je ressens depuis un moment et que j essai de faire bouger…c est à dire arrêter mon activité professionnelle en tant qu indépendante car cela me bouffe comme on dit et pense que cela me bloque dans mon espoir de guérison!
    J en ai les larmes aux yeux et la gorge qui se serre de votre récit. Tellement touchée et émue…mais aussi car “claque” de bout de prise de conscience encore un peu plus qu il fait savoir dire stop… stop à “mon bébé” stop à un rêve qui finalement me détruit… mais le goût amer est si présent.

    Bref MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI

    1. France Tronel dit :

      Merci de me lire Laetitia .. Je comprends tellement cette ambivalence .. J’ai pris cette décision 2 fois pour des raisons différentes mais à chaque fois, c’est dur. Courage.

  10. Em dit :

    J’ai fait un burn-out pendant un stage à 21 ans, après une année à réviser de 8h à 23h tous les jours. Ça a été tellement incompris par mon entourage, et tellement difficile à surmonter ! Mais ça m’a permis de faire les bons choix, professionnels notamment pour mon futur, et ça, ça vaut de l’or !
    Merci pour ton partage, et en espérant encore te lire !

  11. Justine dit :

    Cet article résonne tellement fort en moi. Je pensais que cela etait loin derrière moi, mais te lire me donne les larmes aux yeux.
    Apres 4 ans de galère a enchaîner les CDD très précaires, j’ai pensé trouver LE CDI DE MES REVES. C’était rare de trouver un CDI dans mon domaine (social), nous étions une centaine de candidats et les missions me plaisaient vraiment. Enfin, je le croyais.
    J’ai commencé mon emploi le 1e décembre 2016, et j’ai su dès le premier jour que les missions qui m’étaient réellement donnéses ne me correspondaient pas, mais j’ai essayé de me convaincre en me disant “c’est un CDI, ne fais pas tout foirer pour une fois si tu veux enfin avoir des projets (maison, bébé)! Accroches toi, tu finiras peut-être par aimer”. Mais les choses ont été différentes. J’ai découvert en mars qu’un petit être s’était logé au creux de moi (4 mois après mon embauche seulement) . J’étais ravie. Puis, le cauchemar a commencé. Des horaires de folies, une responsable qui me prend de grippe et me fait participer à des événements ou je suis contrainte de faire beaucoup de route, et de porter des charges lourdes. Des pauses déjeuners supprimées parce que le dossier qui était à rendre dans 10 jours, est finalement à rendre ce soir. Une responsable qui vient dans mon bureau a 16h, ferme la porte derrière elle et m’en mets plein la tête en me disant “tu te fous de moi, c’est nul ce que tu as fais. Rassures moi, ce n’est qu’un brouillon? Tu me supprimes tout et tu recommences. Je veux le travaille sur mon bureau à 8h demain matin”, alors que je venais de passer une dizaine d’heures à bosser sur le dossier en question. Des interdictions de répondre au telephone, des interdictions de récupérer mes heures supplémentaires non payées, des interdictions de poser mes congés trimestriels alors que s’ils n’étaient pas posés ils étaient perdus.
    Une envie incommensurable de me foutre en l’air alors que je portais la vie en moi. Des pleurs, des vomissements et une fatigue énorme. Le souhait que tout se termine, qu’on me foute la paix et que je ne vois plus personne.
    Mon compagnon et m’a mère m’ont sauvé la vie en m’obligeant à me faire arrêter. Un peu honteuse, a 4 mois de grossesse.

    La directrice, qui n’était pas au courant de tout ça, finalement accepté de me faire une rupture conventionnelle. Certainement pour protéger ma responsable contre une éventuelle convocation aux prud’homme.

    2 ans après, je suis sauvée. Je vis. Ma fille est là. Tout est différent.

    1. France Tronel dit :

      quel beau récit. Merci Justine et bravo.

  12. Melanie dit :

    Bonjour, et merci pour ce témoignages . J’ai l’impression d’avoir écrit certaines lignes.
    J’ai également travaille en banque et je ne sais comment, j’ai reussi a partir avant d’atteindre le point de non retour, pour les mêmes raisons que vous.
    Aujourd’hui j’ai changé de secteurs, il le plaît bcp plus, mais les conditions de travail et le fait de n’avoir jamais l’impression d’avancer (je dirige une agence de services a la personne ) font que je le retrouve presque dans la même situation….j’enchaîne les périodes ou je me dis “c’est bon tiens le coup c’est pas grave ça va passer ” et j’arrive a tenir ; et celles où je n’en peux plus, je suis exécrables avec mes proches, je pleure pour tout et rien je n’ai envie de rien….j’ai également refuse les arrêts du médecin. Je ne peux pas me résoudre à abandonner encore une fois…l’échec seriay trop grand pour moi…même si je sais que les périodes plus ‘egatives deviennent plus longues et plus fréquentes que les autres …

    1. France Tronel dit :

      plein de courage mélanie ..

  13. Lily dit :

    Merci France encore une fois un article plein de vérités. Je me reconnais dedans, j’avais un objectif de carrière bien précis, et quand j’ai décroché ce qui me semblait être le job de mes rêves dans un palace, j’ai déchanté après seulement 3 mois: pression, heures à rallonge, sous effectif, pas de bonjour, pas de merci, salaire ridicule, compétition interne, misogynie, mais le prix à payer apparement pour avoir une jolie ligne sur le CV. J’ai tenu, je ne voulais pas lâcher, puis j’ai commencé à postuler pour un autre type de poste ailleurs mais rien n’arrivait. Et puis un jour, il y a 4 ans, c’était là, il m’était Impossible de continuer. J’ai démissionné sans rien avoir derrière, peut importe la perte de salaire j’étais prête à prendre n’importe quel poste. J’ai fini par trouver un autre poste plus tranquille, moins de pression, des horaires stables, ce qui m’a permis d’avoir un bébé.
    Mais aujourd’hui depuis un an, c’est un autre type de burnout, je ne m’épanouie pas dans ce que je fait m, je m’ennuie, l’ambiance de mon équipe s’est beaucoup dégradée et est devenue exécrable, aucune motivation, aucune envie, un confort d’horaire mais je déteste chaque minute que je passe la bas.. pas facile non plus
    J’ai hâte de la prochaine étape, Et de trouver enfin ma place 🙂

  14. Céleste dit :

    Oh France, comme c’est impressionnant à quel point tu sais mettre les mots justes sur des maux que beaucoup d’entre nous vivent finalement à plus ou moins grande échelle.
    J’ai un master en finance. Je n’aimais pas particulièrement mes cours mais je voulais aller jusqu’au bout. Je disais à mon mari en rigolant « oui oui là je vais faire de la finance et puis tu verras avec la crise de la quarantaine, quand nos enfants seront autonomes je plaquerai tout pour passer le concours de professeur des écoles »
    Je travaille en banque depuis 5 ans maintenant, j’ai fait 3 postes différents, le premier au bout de 18 mois on m’a dit que finalement je n’étais pas faite pour le commercial, pourtant je faisais pas mal d’heures (7h30-19h la plupart du temps), je réalisais mes objectifs, mais j’étais plus proches des assistantes que des chargés d’affaires alors j’étais sûrement mal vue. Ensuite je suis partie en congé maternité. J’ai pleuré, tellement pleuré quand ma fille est née, mais pas tellement par rapport à un baby-blues, surtout parce que je savais qu’il allait bientôt falloir retourner travailler et que je ne savais pas à quelle sauce on allait me manger. On m’a proposé un poste d’analyste engagement, mais avec aucune formation et jamais le temps de répondre à mes questions. J’ai bûché tous les soirs pour apprendre au mieux dans les livres mais ça n’était pas suffisant. Un soir dans les transports j’ai regardé le témoignage d’une déportée de la seconde guerre mondiale et je me suis juste retrouvée face à moi même à me dire « mais qu’est que je fais là? Qu’est-ce que je peux faire pour vivre vraiment en étant heureuse, et en servant à quelque chose ? » et là réponse a été claire…
    Au bout d’un an en tant qu’analyste j’ai été convoquée, on m’a dit que ça n’allait pas le faire et on m’a mise à un poste où je suis seule pour faire un travail où ils sont 15 à la concurrence. Mais aujourd’hui je sais que ce travail n’est pas ma vie et je fais donc mes heures contractuelles un point c’est tout.
    J’ai passé le concours de professeur des écoles cette année et j’attends les résultats. Aujourd’hui ce qui m’anime c’est de pouvoir aider les enfants à s’épanouir !

    1. France Tronel dit :

      olala quelle histoire, je croise les doigts pour toi !!

  15. Julie B dit :

    Alala les challenges commerciaux dans le secteur de la banque et de l’assurance ça fait 7 ans (j’ai l’impression que ça fait 20 ans si ce n’est plus ) que j’y suis c’est usant à un point …. je trouve ça horrible et pourtant je ne lâché rien , ne supportant pas d’être à la « traîne «  , depuis le premier jour de travail je sais que j’y reste pour la paye et les nombreux avantages Autres mais en soi j’ai toujours trouvé ce job nul ( désolé pour les passionnés des PEL et des GAV ) , je m’épanouis dans le privé et je sais qu’un Jour je ne serais plus là , autre chose de mieux m’attends , rien n’est figé …. belle soirée à vous ☺️

    1. France Tronel dit :

      Oh non rien n’est figé ! Merci pour ce témoignage !

  16. Aurélie dit :

    Merci pour ce témoignage dans lequel je comprends ce qui s’est passé. Je pense travailler avec une responsable qui est en burn-out… c’est très compliqué pour moi car je sais mettre les limites dans mon travail là où elle ne sait plus les fixer. Par conséquent, nous ne sommes plus en phase ! La hiérarchie se voile la face et c’est moi qui trinque. Comment la raisonner sans pour autant coller cette étiquette de burn-out qui risque de se retourner contre moi ?!

  17. Laurie dit :

    Merci de partager avec nous ces moments difficiles. La vraie vie, sans artifices. Et je suis heureuse pour toi que tu ais trouvée ta voie. Tu as l’air tellement heureuse et épanouie, autant dans ta vie personnelle que professionnelle. J’espère arriver à en faire autant un jour !

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup Laurie 🙂

  18. Amandine dit :

    Merci beaucoup pour cet article France. En ce moment même chose pour moi. Je suis à ce point d’arrêt qui est sûrement le petit début d’autre chose. Je doute beaucoup. Énormément. Et ton article me donne l’espoir que c’est possible. Merci. J’ai juste une question par curiosité : pour quelle raison as tu fais de l’hypnose ? Si ce n’est pas indiscret ? Je suis suivie régulièrement par une sophrologue, mais j’ai l’impression d’avoir des blocages qui persistent. Je pensais à l’hypnose mais je n’ose pas faire le pas…
    Bonne soirée 🙂

    1. France Tronel dit :

      Ma maman est hypnothérapeute, c’était une thérapie qui m’a vite parue comme évidente du coup 🙂

  19. Manon dit :

    Je n’ai pas pour habitude de commenter mais voilà.
    Merci pour ce témoignage… C’est ce genre de choses que j’ai besoin de lire. 24 ans, premier poste et je suis en arrêt pour les mêmes raisons que toi… Je ressens tout ce que tu décris, l’envie de plus rien, la peur terrible d’être toute seule, d’autant que je n’ai personne avec moi à la maison… Très difficile.
    J’espère vite apercevoir cet autre chemin qui s’ouvre à moi… Merci pour ce texte qui redonne un petit peu d’espoir.

    1. France Tronel dit :

      Bon courage Manon, tu es toute toute jeune, plein de possibles sont devant toi, n’en doute pas !

  20. Pauline G dit :

    J’ai les larmes aux yeux ce soir depuis Montréal en te lisant France…tout ce que tu as écris me touche, il nous arrive d’être tellement dur envers nous-même, de tenir le coup quoi qu’il arrive, mais pour qui? Pour quoi? C’est vrai qu’on ne se pose pas assez les bonnes questions et on devrait car on peut sortir des « cases » et être heureux, ça j’en suis sûre, et tu en es le parfait exemple! Alors merci de partager ton vécu, de te livrer sur ces moments pas simples et de nous aider à vivre les nôtres, on y arrivera tous merci encore et belle journée

    1. France Tronel dit :

      Merci beaucoup Pauline 🙂

  21. Océane dit :

    Quel poignant témoignage… J’espère que la vie est plus douce avec toi maintenant France

  22. bernadette dit :

    Bonjour France, nous nous sommes parlées il y a trois ans de cela par téléphone lors d’un coaching. J’ai adoré la gentillesse de ta voix, la clarté de tes propos, ton empathie et j’en garde un excellent souvenir. Je me reconnais tellement dans ton témoignage, merci pour ces mots….
    Bernadette

    1. France Tronel dit :

      Je me souviens très bien du nom en effet :).
      Merci pour ta fidélité !

  23. Laurence dit :

    Bonjour, très bel article. Chacun de nous peut être confronté à un burn out, à l’heure actuelle il faut tellement être parfait en tout : vie professionnelle, familiale…. et toujours des comparaisons avec les autres c”est tout cela qui nous “mange” petit à petit.
    Merci France de nous avoir livrer ton histoire.

    1. France Tronel dit :

      totalement .. Merci de me lire

  24. Eugénie dit :

    Merci pour ce magnifique témoignage. Et bravo pour tout le chemin que tu as fais depuis. Aujourd’hui j’ai 48 ans et je suis convaincue que toutes les erreurs, toutes mes angoisses, toutes mes interrogations d’avant m’ont permis d’arriver à qui je suis aujourd’hui. Le burn out je l’ai vécu il y a quelques mois pas parce que j’avais un travail qui ne m’épanouissait pas, mais parce que “je n’étais pas à la hauteur pour m’occuper de mon fils”. C’est entre guillemets parce que ce n’était juste qu’un mauvais moment à passer, et ça va beaucoup mieux. Mon petit bonhomme de 6 ans qui est toute ma vie et que j’aime profondément, est autiste. Ce n’est pas facile tous les jours mais il est merveilleux et il fait plein de progrès. Mais voilà, régulièrement il passe des “paliers” et le derniers a été particulièrement difficile à vivre. J’étais une “mauvaise maman”, je ne “savais pas m’occuper de mon enfant”, je “ne lui apportais pas assez d’amour”…. j’en passe et des meilleures. J’ai décidé de prendre une baby-sitter à temps complet pour me décharger de ces moments difficiles et pourvoir retrouver mon bébé d’amour dans des moments privilégiés. Aujourd’hui on ne va pas dire que tout est rose mais en attendant mon temps avec mon fils augmente en qualité ! Voilà je n’étais pas partie pour parler de moi, en fait je voulais juste te dire que le travaille dans une banque ce n’est pas ça (c’est mon ancien métier, c’est le métier de mon mari), et malheureusement tu as eu une mauvaise expérience, tout comme le rôle de maman ce n’est pas toujours mon quotidien, mais cela reste merveilleux.
    Encore une fois merci pour ton (tes témoignages) qui sont très enrichissants, très “deculpabilisants”. Et tu as une merveilleuse petite famille.

  25. Marion dit :

    Merci pour cet article! Je me reconnais dans certains passages … l’enthousiasme du début / attendre le cdi en se donnant au maximum et en acceptant detre la marionnette de ses chefs. Décrocher le fameux cdi et puis au bout de 10 mois être complètement morte. 15 kg de pris / plus de temps libre / aucune reconnaissance alors que je fais un job de responsable mais sans avoir le statut … une paye faible et se sentir coincée dans une société. J’espère y voir plus clair et surtout être capable de prendre une décision si cela continu … Merci beaucoup France !

  26. Elodie B dit :

    Bonjour,

    Je travaille également dans le milieu bancaire depuis 10 ans, métier qu’il ne m’a jamais passionné mais cdi et avantages sociaux donc forcément c’est plus facile de rester que d’avoir assez de courage de changer avec peut être un salaire moins élevé même si je ne suis pas heureuse dans ce que je fais. Penses-tu ouvrir un coaching pour la réorientation professionnelle ? Pour nous aider à comprendre ce pour quoi nous sommes fait ? Pour nous aider peut-être à avoir le courage qu’il nous manque pour faire ce qu’il nous rendrait heureux ? Car je sais que mon métier ne me plaît pas mais je ne sais pas ce qui me rendrait vraiment heureuse…
    En tout cas merci pour cet article.

  27. Marie dit :

    J’ai fait un burnout il y a 3 ans et maintenant, je peux dire qu’il en ressort du positif : j’ai appris à apprécier chaque petit bonheur, savourer les détails et prendre le temps de vivre.

  28. Esther dit :

    Bonjour France, et merci pour ce si beau récit! Il est emprunt de courage, de détermination et de persévérance. Le courage d’être soi et d’être en phase avec ses valeurs.
    Après avoir fait une école de commerce qui m’a coûté 20 000€, je ne me retrouvais pas dans mes expériences professionnelles ! Vendre, vendre et vendre… ce n’était pas ce à quoi j’aspirais, j’étais pas en phase avec moi même… mais j’étais comme coincée, après tant d’investissements, de sacrifices et de combat, je ne pouvais pas tourner les talons! Et puis, un jour, je me suis dit « tu n’a qu’une vie, il est temps de réaliser tes rêves, d’avoir le courage d’essayer plutôt que de vivre avec la peur de ne pas y arriver ». Aujourd’hui, j’exerce toujours dans la vente mais ma vie est en train de prendre un tournant ! J’ai réussi mes concours d’entrée en gendarmerie pour exercer dans les RH. Un rêve d’enfant que de devenir militaire…
    Non, ce n’est pas simple, ce n’est pas évident et la vie ne ressemble pas toujours ce à quoi on aurait pu s’imaginer mais la vie est courte et il faut la vivre passionnément, en phase avec ce que l’on est et comme tu dis, un point d’arrêt est le point de départ vers des choses plus qu’extraoRdinaires… le meilleur est à venir.
    Merci France pour ton partage et pour la si belle personne que tu es! J’aime trop te lire

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