Comment j'ai changé de vie

Perte de poids, cheminement

C’est l’été. Le moment de l’année où (malheureusement) les régimes divers et variés ainsi que les complexes fleurissent. Sur les réseaux, sur les plages, dans les magazines, dans la rue. C’est mon 3 eme été libérée de tout cela. Et ça fait du bien. Vous allez me dire “normal, tu as perdu tout le poids que tu avais à perdre” – certains diront plus. D’autres trop. Peu importe. L’idée : je n’ai théoriquement pas “le droit” d’être complexée parce que je fais une taille 34. Et pourtant, je peux vous dresser une liste à la Prévert de tout ce qui pourrait potentiellement me complexer. De ma peau acnéique, à mes vergetures sur la poitrine en passant par ma (toute) petite poitrine (justement), mes fesses désespérément plates, mes cicatrices sur le visage et le corps, et mes pieds (vous allez me dire : les pieds ? oui, c’est un complexe comme un autre, je vous l’assure).

Les complexes ne sont pas forcément une question de poids.

C’est difficile à comprendre et pourtant c’est la réalité. Lorsque je pesais 30 kg de plus, j’étais obnubilée par mes cuisses. J’avais l’impression que les femmes qui avaient de longues jambes fines étaient forcément bien dans leur peau. C’est faux évidemment. Les femmes longilignes et musclées ont une centaine d’autres raisons potentielles d’être complexées (mais nous on ne les voit pas puisque l’on porte les œillères de notre propre complexe !)

Pourquoi je vous parle de ça ? : Parce que, j’ai cessé d’être en guerre avec mon corps, je ne l’ai aimé, qu’après, bien après avoir perdu du poids. Ma perte de poids date de l’hiver 2014. Cela fait 5 ans et demi. (punaise). 3 ans seulement que je suis sereine face à tout ça. Que la nourriture n’est plus un problème, que mon corps est celui qu’il est. Que je ne me maquille plus (du tout), que je ne cherche plus à gommer mes vergetures ou mes cicatrices, que je ne colore plus mes cheveux. 3 ans donc que j’assume pleinement, que je vis, que je mange, que je ris, sans me poser de questions. 

3 ans en arrière mais le cheminement d’une dizaine d’années.

Déjà un combat sur mon rapport à la nourriture. Mon rapport à moi même en réalité. C’est toujours ça le problème, au fond. Il y a 10 ans et pendant quelques années je suis tombée dans les troubles du comportement alimentaire. Hyperphagie, boulimie, anorexie mentale, puis re hyperphagie, boulimie … La spirale sans fin des restrictions, des compulsions, de la culpabilité. J’ai travaillé avec plusieurs psychologues et psychiatres. J’ai fait beaucoup d’hypnose et de l’EMDR pour trouver l’origine de ces troubles. Origine que mon cerveau avait bien pris soin d’enfouir profondément en moi. Petit à petit j’ai perdu du poids. Pas parce que je me privais ou que j’avais changé mon alimentation, non. Parce que je me délestais de mes kilos de souffrance. De la nourriture que je mangeais pour me consoler, pour m’occuper, pour me sentir moins seule. La nourriture était mon compagnon le plus fidèle, celui que j’avais toujours à portée de main. C’était une obsession. La première étape donc cela n’a pas été de changer mon alimentation mais de soigner mon mal être. ça peut paraitre bizarre et pourtant c’est le cas. 

 

Puis, je me suis intéressée à ce que l’on pourrait appeler “l’alimentation intuitive “. En soi, je ne suis pas sûre d’en suivre exactement tous les préceptes, mais c’est pour vous donner une idée. En gros, manger lorsque j’ai faim, dans la bonne quantité. Déprogrammer les mécanismes de mon cerveau qui me disaient de terminer mon assiette, de manger 3 repas par jour, déprogrammer les “ce n’est pas l’heure”, “il y a des enfants qui meurent de faim dans le monde”, “tu as encore faim” (ou au contraire “mais tu n’as pas faim, il faut manger un peu ” ! Pas d’interdit, pas de questionnements, juste mon assiette et moi. A ce moment là j’ai travaillé en hypnose en sophrologie, puis en méditation.

 

C’est seulement encore plus tard que je me suis vraiment profondément intéressée à la “qualité” de mon assiette. A “l’équilibre”. au biologique, au végéta*isme, tout cela est venu après même si les bases étaient là depuis le départ. 

 

Me voila à mon poids de forme. Celui qui me permet d’être en bonne santé et que je maintiens sans problème ni restriction particulière. Un poids que je n’avais jamais fixé au départ ! Qui s’est défini, petit à petit. Il a fallu ensuite que je travaille, encore beaucoup en sophrologie et en méditation sur l’acceptation de ce corps, qui peut être enviable pour certains mais qui est loin d’être parfait je vous l’assure. Il a fallu accepter le petit ventre pendant les grossesses, les remarques, la poitrine minuscule malgré le fait qu’elle nourrissait mes enfants, les remarques, les variations hormonales, le surplus de peau, les douleurs, le corps qui change en profondeur avec les grossesses, le périnée en papier mâché, le métabolisme qui change, le souffle qui faiblit, les « performances » qui chutent. Bref, mince oui, mais il n’y a pas que ça ! 

Je crois que mon « déclic », le réel tournant dans l’acceptation de mon corps a été de me dire que mon corps ne me définissait pas. Il est comme il est. Il me permet d’avoir des projets, de vivre, me permet de porter mon enfant, de les regarder courir, de les accompagner, de me lancer dans des projets fous. Mais jamais jamais il n’est moi. Notre corps c’est un outil, simplement. Il doit être en bonne santé pour nous accompagner sur le chemin de la vie. Le reste c’est de l’esthétique et c’est vraiment vraiment subjectif non ?

Aujourd’hui j’accompagne chaque mois à travers le programme « vers une alimentation plus sereine » des hommes et des femmes qui ont leur histoire propre, leur vie, unique, mais pour qui l’objectif commun est d’acquérir de la sérénité. Vis à vis de leur corps, de leur rapport à la nourriture, mais aussi plus largement d’être plus serein et bienveillant avec eux même dans la vie quotidienne, au jour le jour. 

Arrêtons de nous maltraiter, prenons soin de nous, et de nos pensées.

Arrêtons d’être en guerre contre nous même – Foutons nous la paix. 

 

Je vous embrasse et surtout, passez un merveilleux été 

 

 

14 commentaires sur "Perte de poids, cheminement"

  1. Marie dit :

    Très beau message.
    Bel été également.
    Marie

  2. Océane dit :

    Merci France pour ce post si touchant, sincère et bienveillant !! Ce n’est pas notre corps qui doit nous définir, ni notre poids ou notre taille mais dans cette société, c’est pas évident d’aller dans ce sens quand est accablé par ces régimes miracles, les mannequins etc, mais petit à petit on se met sur le bon chemin !!

  3. Marion dit :

    Merci à toi France, pour ce post, et pour ce programme que tu as mis en place. Que d’apaisement, et de légèreté après l’avoir “terminé” (je ne le considère par vraiment comme terminé, car même si j’ai reçu le dernier mail samedi, je sais que je vais les relire et les réutiliser plusieurs fois). Le chemin n’est pas fini, mais tu nous donnes des clés pour réussir, alors simplement MERCI!

  4. Aurélie dit :

    C’est un article dans lequel je me reconnais en partie. Toutefois, prendre soin de soi, c’est aussi se maquiller, se faire une teinture, mettre des lentilles… par conséquent, le seul point sur lequel je ne suis pas en phase avec cet article est sur le fait qu’être sereine et que s’assumer peut aussi passer par ce que vous ne faites plus. Ce n’est bien évidemment pas une critique mais mon ressenti face à votre cheminement. Cordialement

    1. France Tronel dit :

      Je n’ai pas dit que je ne prenais pas de soin de moi ! Seulement que je m’assumais totalement au naturel.

  5. Sandra dit :

    Merci France. Tes mots sont précieux et m accompagnent jour après jour vers ce qui j espère sera une sérénité durable.
    Belle nuitée

  6. Julie dit :

    Il fait trouver son chemin, tu as trouvé le tien. J’ai croisé ta route, je t’ai demandé de l’aide, tu me l’as donné mais en fait je ne savais pas encore ce dont j’avais besoin. Je croyais que c’était perdre du poids alors que j’avais déjà un poids dit normal alors que j’étais dans le creux de la vague de mes TCA. Mon corps meurtri depuis mes 17 ans souffre. A travers tes témoignages et expériences j’ai réalisé que perdre du poids n’étais pas la vrai délivrance. Je suis encore sur le cheminement malgré mes 44 ans mais j’espère pouvoir être libérée un jour comme tu le décris. Merci pour tes partages.

  7. Hélène Bertrand dit :

    Merci France pour ce message.
    C’est fort et percutant !
    Que de travail, que d’investissement de temps, d’énergie, que de volonté pour atteindre le bien-être de la santé, tant mentale que physique !
    Je ne peux qu’avoir envie de te féliciter pour ton travail, mais aussi pour le partage que tu fais avec nous ainsi qu’avec celles qui prennent exemple sur toi.
    Lire tes messages est un bonheur.

    Hélène

    1. France Tronel dit :

      merci beaucoup Hélène 🙂

  8. Chantal Dutheil dit :

    Toujours aussi touchant tes articles…merci France poir ce beau partage. Passez un bel été tous les 4. Bises

    1. France Tronel dit :

      merci beaucoup,
      bel été chantal !

  9. Anne dit :

    Merci pour cet article ou je me reconnais il dit les mots juste et qui me manque pour exprimé mon mal être envers la nourriture. encore merci pour vos articles qui me font du bien

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