Semi marathon de Lyon [ CR ] - Comment j'ai changé de vie

Semi marathon de Lyon [ CR ]

Vous avez été nombreux(ses) à réagir à mon petit compte rendu du semi marathon de Lyon sur les réseaux sociaux. J’ai donc eu envie de vous partager un peu plus, par ici.

Je me suis inscrite au semi du Run in Lyon avec une amie avant de reprendre la course à pied après mon accouchement. Sur le coup j’étais relativement sereine. Comme je vous l’expliquais dans cet article j’ai continué à courir jusqu’à 8 mois de grossesse, j’avais parcouru très souvent cette distance avant ma grossesse, je ne doutais donc pas vraiment de la reprise de la course post partum.

Mais la réalité a été très différente. En fait j’ai repris la course de zéro, j’étais épuisée au bout de 500 mètres, essoufflée, les jambes lourdes. J’ai pleuré un nombre incalculable de fois en courant, en rentrant. J’ai même pensé à arrêter complètement la course à pied. Je me suis inscrite en salle de sport et j’ai commencé à faire des cours collectif, de la musculation. En n’y prenant pas vraiment de plaisir non plus. A ce moment là, 3 mois après ma grossesse j’ai douté, vraiment. Moi qui pratiquais quotidiennement du sport depuis 3 ans je n’y prenais plus de plaisir et surtout tout me semblait extrêmement difficile. Mon corps me semblait lourd (j’avais pourtant reperdu mon poids de grossesse), l’impression de tirer une charrette ne me lâchait pas, j’avais le souffle court, les kilomètres me paraissaient interminables. Bref vous l’aurez compris, c »était dur dur, moralement et physiquement.

Et puis nous sommes partis en vacances dans le Sud de la France. Pour moi c’était un peu quitte ou double. J’ai décidé de me servir de ce moment, de ces 15 jours pour reprendre vraiment le sport, parce que c’est un endroit dans lequel j’affectionne courir, c’est un vrai bonheur. Alors je me suis dit  » Ok, retente « .

Et j’ai couru, couru, nagé. J’ai pris immensément de plaisir à courir en pleine nature, au bord de mer, énormément de plaisir à nager en eau libre plutôt qu’en regardant les carreaux d’une piscine. J’ai réalisé à quel point le fait d’être en extérieur était important pour moi. En me faisant violence j’arrivais à une quinzaine de kilomètres de course, non stop, sur terrain vallonné. Recrudescence de confiance donc, OK le semi dans 2 mois, fingers in the nose.

Mouais. Ensuite il y a eu la renTrée. Notre première en tant que parents. Et vient avec elle son lot de changements (de gros changements), nouveau timing, nouvelle organisation. Pendant une quinzaine de jours cela a été un peu le chaos. Et là 3 courses en 15 jours. Ok, pas grave, il reste 3 semaines, c’est OK. Et là, je chute, entorse au poignet. Immobilisée … 3 semaines. 3 semaines soit les 3 dernières avant le fameux semi marathon de Lyon. Et là j’ai pleuré, vraiment et j’ai envoyé un message à ma meilleurre amie en lui disant que ce n’était pas possible pour moi. J’avais peur de me faire mal, peur de ne pas arriver au bout, j’avais honte de mon potentiel chrono. Bref, j’étais mal. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’en ai pas parlé sur les réseaux sociaux ni dans ma famille. Personne ou presque ( mon mari et ma meilleure amie) ne l’ont su avant la veille du départ.

Le jour J, un seul objectif : Terminer (sans me faire mal, et en prenant du plaisir). Ok, ça fait 3.

Réveillée très tôt après 6 heures de sommeil, le ventre noué. Petit déjeuner avalé je vais jusqu’au départ à pied (une vingtaine de minutes de marche). Je vois la croix rouge, les militaires, la police se mettre en place, tout ça me met un gros coup de stress. J’avance, musique dans les oreilles. Je balance entre envie de rebrousser chemin et une excitation immense. Je retrouve mon amie, on se dirige vers notre SAS de départ (le dernier, 02h05 et +, en me disant que j’allais plutôt dépasser les 02h30 et que ce serait déjà pas mal).

Stress du départ, go : Les deux premiers kilomètres sont bouchonnés, mon mari et mon beau père me croisent au premier kilomètre, tranquille, avec mon amie, on discute, on rigole, on se dit qu’on s’est lancées dans un truc un peu fou mais on savoure l’ambiance, la musique, les participant qui tapent dans les mains et crient joyeusement. Au 3 eme kilomètre cela se décante un peu, je cours au dessus de mon rythme post grossesse, sans le savoir. Je n’avais pas mis en route mon application, ni ma montre, focalisée sur l’idée de mettre un pied devant l’autre.

Jusqu’à 12/13 km j’étais tranquille, avec mon amie on échange quelques mots, on sourit, il fait beau, on est heureuses d’être là, et mentalement c’est chouette on a dépassé la moitié, et on est bien !  Mon amie a un coup de mou juste après, entre le 13 eme et le 16 eme kilomètre, physiquement cela commence à être difficile pour elle, point de côté, on ralentit, pas question de se lâcher ou de terminer l’une sans l’autre, on se l’ai promis. Je l’aide à reprendre un souffle régulier et profond puis on ré accélère. Au 16eme kilomètre, ravitaillement, le dernier. On prend le temps de marcher en mangeant, tant pis pour le chrono on a besoin de ces 3 minutes pour prendre le temps de manger, de boire. S’en suivent 2 kilomètres dans le tunnel de la Croix Rousse. J’ai détesté ces deux kilomètres, l’impression d’être enfermée, cloîtrée et les jambes commençant à être un peu lourdes. J’ai essayé de déconnecter ma tête, et de me focaliser sur ma foulée, afin de ne pas relancer ma blessure au genou, et puis sur le fait de mettre un pied devant l’autre, 1-2, 1-2.

A la sortie du tunnel il reste 3.5 km, lorsque j’avais préparé ma course avant, je me disait que ces kilomètres seraient plus simples, je misais sur la « dernière ligne droite » et le regain d’énergie et de motivation que cela engendrerait … Malheureusement cela n’a pas été le cas. Non pas par manque de motivation, mais par des jambes qui ne répondaient plus vraiment, non douloureuses, mais très lourdes. L’impression de tirer une charrette, le come back. J’ai fermé les yeux quelques instants en continuant à courir, et j’ai pensé à mon grand père, très malade, qui a été militaire, je l’ai imaginé me secouer comme il savait si bien le faire. A ce moment j’étais entre sourire et larmes. Je me souviens avoir dit à mon amie  » J’ai envie de pleurer ». Les mètres avancent et c’est long. J’ai pensé à ma fille, pour me donner de la force, à ses 5 mois de vie et à tout ce que cela a chamboulé dans ma vie, dans ma façon d’être. J’ai pensé à la personne que j’étais il y a quelques années en arrière, à la dépression, aux tentatives de suicide, et j’ai réalisé à quel point c’était dur, mais combien j’étais fière d’être là, aussi, après des années de galère, de surpoids, de maladie, et quelques mois après la naissance de ma fille. Je me suis accrochée à tout ça pour continuer à avancer. Le dernier kilomètre m’a paru interminable. J’ai serré les dents, tapé dans les mains des personnes venues nous soutenir, j’étais un peu ailleurs, j’avoue. Et dans le dernier virage j’entends « choupette », je me retourne et j’aperçois mon mari et ma fille, tout sourire, assise sur la barrière de sécurité et poussant des petits cris, j’ai eu le cœur qui s’est instantanément rempli d’un bonheur immense, de partager ces instants avec eux, de voir mon mari ému aux larmes et ma fille rire aux éclats. J’ai sprinté (tout est relatif si l’on considère l’état de mes jambes) sur les derniers mètres, et passé la ligne d’arrivée émue aux larmes (d’ailleurs cela se voit sur la photo officielle !). J’étais émue, fière. Je me suis écroulée dans les bras de mon amie, puis dans ceux de mon mari.

Ces moments m’ont relancée. Ils m’ont permis de faire le point avec mon nouveau corps et de voir si ma tête acceptait de suivre la cadence. Aujourd’hui je sais que je peux compter sur mon mental, parce que cela a été franchement difficile. Par contre je sais aussi que pour rêver plus haut, ma préparation devra clairement être plus rigoureuse, plus intense, pas toujours compatible avec un tout petit, mais je crois qu’en 2018 je relèverai le défi … Affaire à suivre !

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