3 mois Post Partum, le bilan - Comment j'ai changé de vie

3 mois Post Partum, le bilan

Je sais que cet article n’intéressera pas tout le monde, mais j’ai reçu bien trop de questions pour ne pas vous parler de ces 3 derniers mois … En effet, Camille a 3 mois il y a quelques jours, l’heure du bilan est donc venue, je vais donc tenter de répondre aux questions qui m’ont été le plus couramment posée sur les réseaux sociaux.

3 mois, côté bébé :

  • Au niveau de la taille et du poids, cette « petite » personne mesure 65 cm pour 7 kilos, un immense gabarit donc [ Note : elle mesurait 49 cm et pesait 3.515 kg à la naissance ].
  • Les 3 premiers mois de vie sont aussi ceux de la découverte du monde et des progrès …
    • Mademoiselle fait ses nuits (20h-5h les « mauvais » jours – 20-8/9 h sinon puis elle se rendort jusqu’à 10/11h)
    • Elle attrape (et secoue) tout ce qui se trouve à sa portée (et met tout à la bouche, sinon ce n’est pas drôle !)
    • Elle sourit et papote toute la journée, chez nous on dit « une vraie babielle ! » (je crois que dans le Sud on dit « pipelette », bref, elle est bavarde 😀)
    • Elle tient sa tête (mais ça c’est le cas depuis ses tous premiers jours, pour le plus grand étonnement de tous) et arrive à se tourner dos ventre
    • Ces 3 premiers mois ont aussi été marqués par son premier long voyage en Corse !
    • Elle adore : Chopin, Mozart, le Petit Prince, le tapis d’éveil (mais pas trop longtemps), son transat, être changée, prendre le bain, le running en poussette, la voiture, le bateau, être mise assise.
    • Elle déteste : être inoccupée (tiens ça me rappelle vaguement quelqu’un !), les bodies qui s’enfilent par la tête, les vaccins, les chaussettes (chaussons, chaussures, bref tout ce qui se met aux pieds), ne pas arriver à faire quelque chose (en ce moment elle n’arrive pas à se mettre à 4 pattes – logique – et je peux vous dire que ça l’agace et qu’elle le fait bien savoir !)

 

3 mois, côté maman :

Waouh il y a tant à dire que j’ai du mal à a savoir par où commencer …

  • Côté fatigue / sommeil : Je crois que c’est le thème qui est revenu le plus souvent sur les réseaux sociaux : la gestion du sommeil et de la fatigue (notamment avec la reprise de mon activité puisque j’ai repris partiellement lorsque Camille a eu 5 semaines).

Alors, le lancement a été très (très) difficile. J’ai cumulé 30 minutes de sommeil par jour et nuit pendant 3 semaines. Très honnêtement je ne sais pas ce qui m’a permis de tenir encore debout à ce moment là et de gérer le quotidien (oui on a beau dire, il faut bien manger et être dans un environnement pas trop crado quand même) [ enfin si, je sais, le mode « survie » et cet amour inconditionnel qui nous envahie ]. Pendant 3 semaines pas d’organisation donc, juste essayer de garder la tête hors de l’eau et quelques minutes à moi pour faire pipi, jeter 1 œuf dans une poêle et faire une salade composée [ On ne mentionne pas la douche, un luxe ! ]. En fait Camille ne dormait jamais hors des bras, c’est simple nous avons tout essayé des bruits blancs à l’ostéopathe en passant par la faire dormir dans la nacelle près de nous, le co dodo, l’emmaillotage, bref absolument tout, elle ne dormait jamais. Alors nous avons marché marché et encore marché avec elle dans l’écharpe de portage ou dans nos bras, notre seul objectif était alors de la sécuriser en nous disant que cela allait passer lorsqu’elle se sentirait prête à être « lâchée ». Je suis persuadée que l’arrivée dans le monde « réel » est très traumatisant pour un nouveau né, le décalage de température, les bruits environnants, les sollicitations multiples, tout est différent de la vie intra utérine, pas étonnant donc. Pas étonnant mais physiquement extrêmement difficile, évidemment. D’autant plus que mon accouchement a été un peu Rock n roll et que l’allaitement est, lui aussi très exigeant, mais cette période est passée. Au bout de 3 semaines nous avons pu faire des nuits de 2/3 h de suite, 5/6h à 6 semaines, de grosses nuits aujourd’hui. Si vous êtes dans le même cas et qu’il n’y a pas de problème physique (à vérifier bien sur), il n’y a pas d’autre solution que la patience (et beaucoup beaucoup d’amour), votre petit bout va finir par se sécuriser, il a juste besoin de vous.

Ensuite j’ai donc recommencé partiellement à travailler (je suis à mon compte, je peux donc travailler de chez moi), à 5 semaines de vie de Camille (si vous êtes aussi indépendant, vous comprenez aisément que parfois on n’a pas vraiment le choix ;)) , là aussi c’était un peu Rock n Roll, maîtres mots : organisation (indispensable !), siestes et superaliments [encore et toujours]. J’ai préparé mes repas en avance, profité de chaque moment de répit pour faire une sieste (si vous me suivez depuis un moment vous savez que c’est rarissime 😀 ] et continué à booster mon organisme.

Ensuite à partir de 7/8 semaines, je n’ai plus ressenti aucune fatigue, nous avons fait des nuits complètes, pas de soucis ni de changement particulier donc ! J’ai repris mes doubles journées entre femme active et maman.

Autre chose : si vous allaitez (a priori c’est aussi le cas avec le biberon, mais beaucoup moins sensible), vous allez devoir faire face aux « pics de croissance » : des périodes où votre bébé va réclamer beaucoup plus le sein, et où vous allez avoir l’impression de ne faire que ça (en fait ce n’est pas une impression c’est la réalité !). Généralement on parle de la règle des 3/6/9 (jours / semaines / mois) donc à 3 jours / 6j /9 j puis 3 semaines…  Bon, bien sur, il y en a des plus « durs » que d’autres, je pense aussi que le jour n’est pas une science exacte, évidemment, mais les périodes sont assez véridiques par contre. Pour Camille les plus marqués et les plus difficiles ont été 3 et 6 semaines et 3 mois. J’ai aussi remarqué que pour Camille cela allait souvent de paire avec un « bond » dans son développement (ou « semaine miracle » – je vous parle de ce livre un peu plus bas !)

  • Côté physique : Si vous avez suivi les articles « grossesse » (notamment celui ci sur l’alimentation), vous savez que j’ai pris une dizaine de kilos (j’avoue ne pas du tout avoir pensé à me peser en partant à la maternité, d’ailleurs j’ai été déclenchée en urgence, je n’avais pas imaginé accoucher ce jour là…), -6 kilos au retour de la maternité, -8 kg à 1 mois post partum, à 3 mois j’ai retrouvé mon poids pré grossesse (mais pas mon corps, je vous rassure :D).

Personnellement j’ai surtout pris des hanches (oui oui, c’est original :D), il en a été de même pendant ma grossesse, j’ai pris beaucoup de hanches et finalement relativement peu de ventre (qui a seulement poussé au 9eme mois), du coup tout le monde a été très vite persuadé que j’attendais une petite fille (ah les croyances populaires… mais qui s’est avérée exacte pour le coup !). Du coup aujourd’hui j’ai retrouvé un ventre (presque) plat mais des poignées d’amour en bonus 😀

  • Côté sport : Pour le sport pendant la grossesse j’y avais consacré un article par ici. Concernant le post partum… Pendant les 3 premières semaines je n’ai absolument rien fait (enfin,  j’ai eu beaucoup de points donc le simple fait de me lever, de faire 10 minutes de cuisine et de m’occuper de bébé était déjà un marathon !). En fait j’ai marché comme un canard à peu près 3 semaines, j’ai ensuite repris la marche rapide avec Camille entre 3 et 6 semaines, j’ai aussi fait du Yoga spécifique pour le post natal avec des cours que donnait ma sage femme. A 7 semaines j’ai eu mon rendez vous post natal. 80% des femmes ne vont pas à ce rendez vous, j’ai été surprise de cette statistique. Je vous conseille vivement de le faire même si, avec un nouveau né à gérer ce n’est clairement pas simple. Mais cela permet de voir une personne extérieure, de faire le point sur vos sentiments de jeune maman, votre allaitement, la contraception (oui oui déjà !), l’état de votre périnée et de votre sangle abdominale etc… Et c’est vraiment profitable ! Pour moi le verdict a été OK pour reprendre la course modérément et la piscine. Mon objectif étant de recourir des courses de 70/100 km il a fallu que je fasse tout de même en parralèle, des séances de rééducation avec une sage femme (vous pouvez aussi les faire avec un kiné) et je fais aujourd’hui quotidiennement des exercices pour le renforcement du périnée. On m’a beaucoup posé la question : la rééducation périnéale peut se faire à partir de 6 semaines post partum et en attendant nous ne pouvez rien faire d’autre que de la marche, du yoga adapté (même pas de natation, non non, mais pas à cause du périnée, à cause du risque d’infection). Concernant la rééducation du périnée, on est d’accord c’est super pénible et contraignant (surtout avec un nouveau né) mais c’est clairement indispensable surtout si vous êtes sportive, les risques de descente d’organes et d’incontinence (je sais ce n’est pas glamour mais bon ..) sont trop grands, prenez soin de vous. Mon petit conseil : démarrez « vite » (enfin après les 6 semaines), plus on repousse, moins on a envie / trouve le temps de s’y mettre …Il en est de même si vous avez eu une césarienne, le périnée est aussi sollicité pendant la grossesse, important donc de ne pas le négliger.

Aujourd’hui ma routine sportive est donc revenue à la normale, 6j/7 le matin tôt (4h30/6h généralement) entre running, piscine, renforcement musculaire, yoga, pilate.

 

  • Côté alimentation : Pour le coup, absolument rien de nouveau, j’ai toujours gardé la même alimentation, du premier jour de ma grossesse, jusqu’à aujourd’hui. La seule chose que j’ai noté cela a été une augmentation de mes besoins énergétiques liés à l’allaitement (absolument normal !)

 

  • Côté organisation : L’organisation a toujours été quelque chose de plutôt naturel chez moi. Et c’est plutôt une bonne chose car avec un bébé c’est absolument nécessaire… Actuellement je fais une partie de mes séances de sport le matin (entre 4h30 et 5h30 généralement) puis douche et petit déjeuner vers 6 heures ce qui me laisse ensuite jusqu’à 11 h généralement pour travailler. Ensuite je suis le rythme de Camille. Généralement il y a une sortie dans la journée d’au moins une heure (marche ou running poussette), le marché un jour sur 2, 2 heures à jouer avec elle, 2 heures de dodo pour elle dans la journée pendant lesquelles je retravaille un peu. Et puis son papa rentre vers 18h30, le bain et puis la préparation du repas du soir et généralement du petit déjeuner et du déjeuner du lendemain !

A la rentrée Camille sera à la crèche 3 ou 4 jours par semaine selon les semaines, du coup cela sera plus simple, les autres jours j’aurai la chance de la garder avec moi et de profiter de ces moments précieux !

  • Côté activités maman / bébé : Pendant la journée je me consacre à Camille lorsqu’elle est réveillée je lui raconte des histoires, on écoute beaucoup de musique, on sort beaucoup, aussi. Depuis quelques semaines elle s’intéresse au tapis d’éveil. Elle peut y rester jusqu’à 1 heure, elle se tourne, babille, fait sa petite vie. Je lui parle beaucoup aussi.  Je trouve incroyablement touchant (d’ailleurs, souvent, cela me met les larmes aux yeux) de voir ce lien qui se crée jour après jour…

 

  • Côté psychique : Je crois que les 3 premiers mois post partum sont ceux des montagnes russes, de la fatigue, des pleurs, de la descente d’hormones. Personnellement j’ai ressenti un premier coup de blues à 2 jours post partum (encore à la maternité donc). Je me souviens très nettement m’être effondrée en larmes devant une auxiliaire de puériculture parce que Camille avait hurlé (de faim) toute la nuit ( je n’avais pas encore eu ma montée de lait). Le retour à la maison s’est très bien passé par contre c’est la fatigue qui prend très vite le dessus les premières semaines et là l’impression de ne pas gérer, de découvrir son bébé, d’apprendre sans cesse, de ne pas forcément faire « bien », de ne pas comprendre les pleurs. Un livre m’a sauvée pendant cette période : «  les semaines miracle «  (d’ailleurs si vous êtes future maman ou que vous en avez dans votre entourage, cela peut être un chouette cadeau de naissance, plus utile que des bodies, je vous l’assure !). Ce livre aide à comprendre les phases de développement de l’enfant pendant ses deux premières années de vie. Il vous explique pourquoi certains jours votre enfant va être inconsolable, collant, ronchon. Et que surtout (s’il n’y a pas de problème physique associé), cela passe ! Personnellement cela m’a beaucoup aidé à comprendre et à mieux vivre les pleurs de Camille (entendons nous bien, cela n’est jamais agréable d’entendre son enfant hurler, mais lorsque l’on comprend les pleurs, que l’on intègre que c’est absolument normal et que notre enfant en a besoin … C’est beaucoup plus simple).

Personnellement j’ai été séparée très jeune (enfin quasiment dès ma naissance) de ma maman, ce qui explique surement qu’aujourd’hui je sois très fusionnelle avec ma fille. J’essaye de partager chaque moment avec elle, d’accompagner chacun de ses progrès, je lui parle beaucoup, lui fais partager tout ce que j’aime … Bref, j’essaye de donner ce que je n’ai pas eu.

Durant les premières semaines j’ai aussi trouvé très difficile de retrouver sa place. Evidemment bébé prend beaucoup de temps et d’énergie et pendant plusieurs semaines tout passe après. Je pense par contre qu’il ne faut pas que cette période dure trop longtemps sinon c’est la crise assurée… Personnellement j’essaye de prendre du temps pour moi (coiffeur, marche, Spa, déjeuner avec une amie, boire un verre en terrasse, faire un cinéma), au moins une fois par semaine. Il en est de même pour le papa (lui son dada c’est la musique !). Depuis quelques semaines aussi nous avons notre petit rituel, les soirées à nous. Je trouve qu’il est important de se retrouver en tant que couple, que femme / homme. Pour moi le couple c’est le tronc, si le tronc est solide, c’est ok sinon l’arbre (la famille) tombe. C’est cette métaphore que j’ai utilisé pour expliquer à mon mari à quel point j’avais besoin aussi de me sentir femme, épouse, pas seulement maman (même si évidemment, j’aime plus que tout ma fille, et ce nouveau rôle !). D’ailleurs je vous prépare un article là dessus (entre autres..).

 

On m’a aussi beaucoup posé la question de mes « surprises » (agréables et désagréables) ces premiers mois…

Commençons par le désagréable (pour finir sur du positif !) : je ne pensais pas qu’un bébé pouvait pleurer autant et surtout pour « rien » (pour une autre raison que la faim / le froid / chaud / le fait d’avoir mal quelque part / d’avoir la couche sale…). Je n’avais jamais entendu parler des pleurs de « décharge », des crises du soir… J’ai été bouleversée les premières semaines par les hurlements de ma fille, littéralement bouleversée. Et puis on apprend à connaitre son enfant, ses réactions, ses besoins. Et cela passe.

Pour le positif … Je ne pensais pas être capable d’aimer autant, littéralement. Camille était un bébé désiré, évidemment je savais que j’allais l’aimer. Mais je ne m’attendais pas à cet amour inconditionnel, profond, sans condition. Cet amour qui nous porte et qui nous donne la force d’affronter toutes les tempêtes au quotidien…

Bref, durant ces 3 premiers mois, on a recherché l’équilibre, l’équilibre entre vie professionnelle et vie perso, entre « maman », « femme » et « épouse », entre quotidien et nouvelles aventures …

Aujourd’hui, nous l’avons trouvé, je crois, même si avec un enfant, avec un bébé, chaque jour est à -ré-inventer !

 

Désolée pour cet article fleuve…

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